Cannabis Médical : Casser la loi pour sauver des vies

Dans la plupart des pays, l'utilisation du chanvre est interdite même dans un but médical. L'automédication au cannabis a poussé un grand nombre de citoyens généralement respectueux des lois à entrer en conflit avec le système légal.

Savages : Lutte entre hippies et cartels

Dans Savages, le cinéaste américain Oliver Stone met en scène le combat implacable mais encore «hypothétique» entre des néo-hippies californiens et un cartel de la drogue mexicain cherchant à s’implanter de l’autre côté de la frontière.

INTERVIEW DE JORGE CERVANTES, LE GOUROU MONDIAL DU CANNABIS

Soft Secrets interview Jorge Cervantes, un des grands experts mondiaux du cannabis et collaborateur de Soft Secrets.

Cannabis : les bons plants du Colorado

Depuis 2000, cet Etat américain a légalisé l'usage médical du cannabis. De la culture des fleurs au commerce des produits dérivés, les business se multiplient. Une économie très profitable, y compris pour les finances locales.

La France accro à la prohibition

Publication en juin dernier à New York du rapport de la Commission mondiale sur la politique des drogues (Global Commission on Drug Policy) signé par une kyrielle de personnalités de stature mondiale qui constatent l'échec de la guerre à la drogue...

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Chanvre : Ces agriculteurs alsaciens qui font chanvre à part

Seuls quatre agriculteurs alsaciens s’évertuent encore à produire du chanvre, mis au placard de l’histoire. La Chambre d’agriculture de la région souhaiterait réhabiliter la culture bio de cette plante aux nombreuses vertus, en matière d’isolation notamment. En construisant une usine de traitement de la fibre de chanvre, le collectif des producteurs de chanvre du grand Est pourrait relancer la filière.  Mais pour qu’un agriculteur se lance dans le chanvre, il doit être très motivé…

« Pour qu’un pétard de chanvre fasse de l’effet, il faudrait qu’il soit long de six mètres, sur un mètre de diamètre », explique, amusé, Nicolas Zilliox. L’agriculteur de 33 ans sait que le fantasme des citadins néophytes en matière de chanvre a la vie dure. Non, la plante a beau avoir exactement le même aspect que le cannabis, elle n’a rien d’un psychotrope. Son taux detétrahydrocannabinol (THC, la molécule stupéfiante) ne doit pas excéder 0,2% selon la règlementation française, tandis que les taux de THC contenus dans le cannabis fluctuent entre 5 et 25% selon la variété.
Peu importe, le chanvre monte facilement à la tête. On raconte des histoires, et tout le monde a son petit avis sur la question. Il y a ceux qui croient que les producteurs en profitent pour se réserver un mètre carré de marijuana en plein milieu du champ, et il y a ceux qui voudraient, ni vu ni connu, utiliser les hectares verts pour y planquer tout au milieu la production sous néon sortie du placard du salon. Tous ignorent que la pollinisation par les plants légaux annulerait tout effet hallucinogène. Beaucoup de chimères, mais le chanvre en fait, c’est du sérieux.
Nicolas Zilliox cultive depuis trois ans huit hectares de chanvre sur une parcelle « sableuse et difficile à mettre en valeur autrement. » La culture du chanvre est toujours biologique parce qu’elle ne nécessite pas de produits phytosanitaires :
« Le chanvre a la particularité de monter très vite, jusqu’à trois mètres de hauteur, et d’étouffer de lui-même les mauvaises herbes. Et nous n’arrosons pas les champs car ce n’est pas rentable. »
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Dans la consommation traditionnelle, on reconnaissait des propriétés vasodilatatrices aux tisanes de chanvre (Photo David Rodrigues)

« La culture du chanvre est sans doute la plus contrôlée »

C’est justement parce que la culture est propre qu’elle intéresse la Chambre d’agriculture d’Alsace. Elle voudrait l’implanter « au sein d’aires d’alimentation de captages d’eau prioritaires » destinés à la consommation. Mais malgré la communication menée auprès des agriculteurs, il ne reste plus que quatre producteurs en Alsace. La volonté de la Chambre « ne tombe pas par hasard », commente Rémy Michaël, du service des filières végétales à la Chambre d’agriculture. Il s’agit aussi de réhabiliter une tradition délaissée.
Car les Alsaciens ont longtemps cultivé le chanvre pour en utiliser les fibres dans la fabrication de voiles et cordages mariniers, mais la production a fortement ralenti avec l’arrivée des bateaux à vapeur puis à moteur. Dans les villages du Ried, des ruisseaux issus de nappes phréatiques se nomment encore aujourd’hui hansgraba, ou fossé du chanvre en alsacien. La volonté de réhabiliter le hànf (chanvre) dans la région se heurte pourtant au scepticisme de la majorité des agriculteurs locaux, pour qui les contraintes sont grandes.
« Ce doit être la culture la plus contrôlée qui existe » souligne Nicolas Zilliox. Le chanvre paie sa parenté avec le cannabis. Les deux variétés de cannabaceaesont indissociables à l’œil nu et l’acquisition des graines de semence est très réglementée. Les producteurs doivent se signaler auprès de la gendarmerie et les champs sont régulièrement visités par la Fédération nationale des producteurs de chanvre (FNPC) pour vérifier le taux de THC.
Pire, la production du chanvre est très peu rentable. Nicolas Zilliox gagne, lorsque la saison n’a pas été trop sèche, environ 100 euros par hectare de chanvre et par an (un hectare de maïs rapporte en comparaison au minimum cinq fois plus). Ce sont donc ses cultures de maïs, de blé et de tabac qui le font vivre. Malgré ces difficultés, les défenseurs du chanvre comptent sur des débouchés principalement en matière de construction de maisons écologiques (la fibre est un très bon matériau pour l’isolation et est aussi utilisée pour des parpaings en « béton de chanvre ») et de paillage. Le chenevis, sa graine, contient elle beaucoup d’omégas 3 et 6 et est donc utilisée en cuisine ou en cosmétique.
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Le bloc de chanvre est efficace pour isoler du froid mais aussi du bruit (Photo David Rodrigues)

La France, deuxième productrice mondiale de chanvre

Les producteurs français, premiers en Europe et deuxièmes dans le monde derrière la Chine, y voient une plante d’avenir et cherchent à organiser la filière. La société Est chanvre regroupe les agriculteurs spécialisés de tout le grand Est de la France, et avait pour habitude d’envoyer les récoltes à Rheinstetten en Allemagne, à la frontière alsacienne. En 2011, la société a débuté la construction d’une usine de défibrage du chanvre industriel à Creutzwald en Moselle, afin de ne plus dépendre de tiers. L’idée est bonne pour les producteurs mosellans mais pénalise les Alsaciens qui devront dépenser plus de frais de transports  pour écouler leurs tonnes de chanvre.
Il y a une dizaine d’années, l’association Alsachanvre avait essayé d’approcher la Chambre d’agriculture pour lui proposer de relancer la production en construisant une usine de traitement mais cette dernière n’avait pas donné suite. « A l’époque, on nous a pris pour des babacools mais c’est bien une culture d’avenir », rigole son président Alexandre Gutbier. L’homme est propriétaire d’une boutique de produits biologiques dans le centre de Strasbourg,Can’art. Ce passionné s’était aussi présenté sur la liste du parti « Ecologie sociale solidaire et décroissante » aux élections régionales de 2010. Un engagement politique en faveur de l’écologie  et du chanvre, qui nécessitent, il ne s’en cache pas, « du lobbying comme pour le reste ».
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Un tee-shirt en chanvre coûte aux alentours de 30 euros (Photo David Rodrigues)
Mais que fait-on avec le chanvre aujourd’hui ? Can’art, la boutique d’Alexandre Gutbier, propose des panneaux isolants, des vêtements « épais qui se froissent moins que le lin » ou encore de l’huile, « idéale pour les salades mais qui ne s’utilise pas à la cuisson ». Les clients, ce sont des habitués tout autant que des personnes de passage, intriguées, qui repartent parfois avec une bouteille de bière au chanvre, la sobrement intitulée Cannabia. Pas d’effet de mode, la consommation du chanvre reste encore confidentielle.
Conséquence, les agriculteurs alsaciens demeurent prudents quant à la viabilité d’une aventure dans le chanvre. Ils devraient observer avec attention les premières années de mise en route de l’usine de Creutzwald avant de décider de se lancer. Quant à Nicolas Zilliox, un des rares qui aient sauté le pas, il pourrait devoir renoncer à sa culture dans les années qui viennent : la ville de Haguenau, qui lui loue la parcelle, a pour projet de revendre le terrain à la zone commerciale du Taubenhof.
Source:RUE89

Video : La production de cannabis made in france s'intensifie


C'est ce qu'on veux ! Du cannabis européen légal et contrôler ! Vivement que les personnes qui ont pas encore pris conscience de ce potentiel et ce que la légalisation peu apporter  (dans le bon sens)à la France et à l'Europe ce réveille et font bouger les choses . Beaucoup de monde le soutient , du fumeur au policier , en passant par certains hommes politique . Les seuls qui ne sont pas d'accord reste ce qui ne se sont pas encore intéressé de prés au sujet . Informer les gens comme vous le pouvez et les choses vont changer .

Marijuana: des producteurs inquiets

Devant cette abondance de marijuana, Ottawa cherche à donner un second souffle à son programme de répression.


Le gouvernement Harper étudie actuellement un projet de loi qui enverrait automatiquement en prison les personnes coupables d'avoir cultivé plus de six plants de marijuana.

Pour le criminologue Neil Boyd, le durcissement des condamnations demandé par les conservateurs n'a rien de nouveau: c'est une stratégie qui a déjà été tentée.

«À la fin des années 60, le simple fait d'avoir de la marijuana en sa possession pouvait valoir une peine de prison, explique-t-il. Ça n'a rien changé: la culture et l'usage du cannabis ont explosé.»

Quand la Californie a envisagé de légaliser le cannabis, l'an dernier, les experts canadiens ont évalué que le scénario entraînerait une catastrophe en Colombie-Britannique.

Cela aurait en effet menacé les exportations de marijuana vers les États-Unis, qui représentent plus de 2 milliards de dollars par an, ainsi que 20 000 emplois, selon une étude de l'Université de Fraser Valley.

Adam Scorgie se souvient d'avoir vu les producteurs de cannabis paniquer. «Soudainement, des gars venaient me voir au gym pour me poser des questions sur le référendum californien. Ils étaient nerveux. Ils comprenaient que le prix du pot tomberait si la légalisation avait lieu.»

Ce qui ne s'est pas produit, 54% des électeurs s'étant opposé à la légalisation lors du référendum.

Au Canada, la légalisation est impensable pour le moment, croit Ian Mulgrew, qui voit toutefois un changement possible dans les cinq à dix prochaines années.

«La marijuana est diabolisée depuis 100 ans. Ce n'est que depuis 30 ans qu'un autre discours a commencé à apparaître. Pouvoir avoir une discussion honnête sur la marijuana est un phénomène récent.»

En Colombie-Britannique, parler de cannabis, c'est parler d'argent, dit Adam Scorgie.

«Les marchands de Kelowna acceptent d'être payés 500$, 1000$, 1500$ en argent comptant, et ils savent très bien d'où ça vient, dit-il. Tout le monde en profite, directement ou indirectement. Je pense que la loi va rester exactement la même, et que les cultivateurs vont continuer à brasser de bonnes affaires, pendant plusieurs années encore.»

[Source:Cyberpress]