“Irresponsable”. C’est l’adjectif qui revient en boucle à chaque fois qu’un politicien français a l’audace de se prononcer pour un assouplissement de notre vieille loi de 1970 sur les stupéfiants.
Ils sont anciens secrétaires généraux de l’ONU (2), chefs d’Etat ou de gouvernements honoraires ou en exercice (18), prix Nobel (9) de la paix, de littérature ou d’économie, anciens ministres ou hommes d’affaires, ainsi que tous les leaders actuels de partis de gauche en France… 100“irresponsables” donc, aux yeux de la droite (et d’une partie de la gauche) française.
La liste n’est évidemment pas exhaustive, puisqu’il faudrait y ajouter les centaines d’hommes et femmes politiques allemands, néerlandais, espagnols, polonais, portugais, tchèques… tous “irresponsables” eux aussi, qui ont voté des lois mettant en place la dépénalisation de l’usage de drogues. Elle rassemble toutefois les principales personnalités ayant pris publiquement part à ce débat ces vingt dernières années. Jugez vous-même de leur degré “d’irresponsabilité”.
Chefs d’Etat ou de gouvernement étrangers (4)
Felipe Calderon. Le président mexicain
a suggéré en septembre 2011qu’une légalisation serait peut-être plus à même de lutter contre les cartels que la guerre à la drogue.
Anciens chefs d’Etat, premiers ministres et secrétaires généraux de l’ONU (16)
Oscar Arias Sanchez. L’ancien président du Costa Rica, prix Nobel de la Paix,
a signé en 1998 un appel international pour la fin de la guerre à la drogue.
Belisario Betancur. Cet ancien président colombien
a signé en 1998 un appel international pour la fin de la guerre à la drogue.
Violeta Barrios de Chamorro. L’ancienne présidente du Nicaragua
a signé en 1998 un appel international pour la fin de la guerre à la drogue.
Javier Perez de Cuellar. L’ancien secrétaire général de l’ONU
a signé en 1998 un appel international pour la fin de la guerre à la drogue.
Les chefs de parti français (5)
Cécile Duflot. La ministre de l’Egalité des territoires et du Logement, secrétaire nationale des Verts, a créé la polémique
en rappelant la position de son parti, favorable à la légalisation du cannabis.
Les autres politiques français (8)
Michèle Barzach. Ancienne ministre de la Santé de Jacques Chirac, elle a permis en France la mise en vente libre des seringues et
a signé en 1998 un appel international pour mettre un terme à la guerre à la drogue.
Oscar Temaru. L’ancien président indépendantiste de Polynésie française
s’est prononcé en janvier 2010 pour la légalisation et la taxation du pakalolo, l’herbe tahitienne.
Hommes ou femmes politiques étrangers (43)
Rupert Hamer. L’ancien Premier ministre de l’Etat australien du Victoria, première femme à occuper ce poste,
a signé en 1998 un appel international pour mettre un terme à la guerre à la drogue.
Oskar Lafontaine. L’ancien ministre des Finances allemand, cofondateur du parti Die Linke,
s’est prononcé en octobre 2011, comme la majorité des 570 délégués du Parti, pour
“la légalisation à long terme de toutes les drogues”. Gesine Lötzsch. L’ancienne présidente du parti allemand Die Linke
s’est prononcé en octobre 2011, comme la majorité des 570 délégués du Parti, pour
“la légalisation à long terme de toutes les drogues”. Thorvald Stoltenberg. L’ancien ministre des Affaires étrangères norvégien et Haut-commissaire des Nations unies aux réfugiés est membre de la
Global Commission on Drug Policy.
Les Prix Nobel (9)
Françoise Barré-Sinoussi. La prix Nobel de médecine, co-découvreuse du virus du sida,
plaide régulièrement pour la fin de la guerre à la drogue.
Nicolaus Bloembergen. Prix Nobel américano-néerlandais de physique (1981), il
a signé en 1998 un appel international pour la fin de la guerre à la drogue.
Dario Fo. Cet écrivain italien, Prix Nobel de littérature,
a signé en 1998 un appel international pour la fin de la guerre à la drogue.
Walter Cronkite. L’ancien PPDA américain, présentateur vedette de CBS, décédé en 2009,
a signé en 1998 un appel international pour la fin de la guerre à la drogue.
Asma Jahangir. Cette avocate pakistanaise, ancienne raporteure spéciale de l’ONU sur les exécutions extrajudiciaires et la liberté religieuse, est membre de la
Global Commission on Drug Policy.
Willy Rozenbaum. Le codécouvreur du virus du sida,
s’est prononcé en avril 2011, en tant que président du Conseil national du sida, pour une alternative à des politiques répressives inefficaces.
George Soros. Le financier américain d’origine hongroise
finance depuis des années la Drug Policy Alliance, principale association antiprohibitionniste américaine.
Helen Suzman. Figure blanche de la lutte contre l’apartheid, cette femme politique sud-africaine, décédée en 2009,
a signé en 1998 un appel international pour la fin de la guerre à la drogue.