Cannabis Médical : Casser la loi pour sauver des vies

Dans la plupart des pays, l'utilisation du chanvre est interdite même dans un but médical. L'automédication au cannabis a poussé un grand nombre de citoyens généralement respectueux des lois à entrer en conflit avec le système légal.

Savages : Lutte entre hippies et cartels

Dans Savages, le cinéaste américain Oliver Stone met en scène le combat implacable mais encore «hypothétique» entre des néo-hippies californiens et un cartel de la drogue mexicain cherchant à s’implanter de l’autre côté de la frontière.

INTERVIEW DE JORGE CERVANTES, LE GOUROU MONDIAL DU CANNABIS

Soft Secrets interview Jorge Cervantes, un des grands experts mondiaux du cannabis et collaborateur de Soft Secrets.

Cannabis : les bons plants du Colorado

Depuis 2000, cet Etat américain a légalisé l'usage médical du cannabis. De la culture des fleurs au commerce des produits dérivés, les business se multiplient. Une économie très profitable, y compris pour les finances locales.

La France accro à la prohibition

Publication en juin dernier à New York du rapport de la Commission mondiale sur la politique des drogues (Global Commission on Drug Policy) signé par une kyrielle de personnalités de stature mondiale qui constatent l'échec de la guerre à la drogue...

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Cannabis Medical : IACM - Bulletin du 22 Août 2012


cannabis medicine International Association for Cannabis as Medicine

Science/Homme: Une étude clinique a montré qu’un endocannabinoïde administré par voie orale a été efficace pour le traitement de la douleur

Un endocannabinoïde administré par voie orale a réduit la douleur chez 610 patients, alors que les thérapies habituelles n’étaient pas suffisamment efficaces. L’étude observationnelle a été menée à l’université de Rome Tor Vergata, Italie. Il a été administré aux patients 600 mg de l’endocannabinoïde PEA (palmitoylethanolamide) deux fois par jour pendant trois semaines, puis la moitié de ce dosage pendant quatre semaines, soit en addition du traitement habituel, soit comme traitement unique.
Chez tous les patients qui ont complété l’étude, le traitement au PEA a fait décroitre de manière significative l’intensité moyenne de la douleur. L’effet du PEA est indépendant de la douleur liée à la condition pathologique. La diminution de la douleur par le PEA a aussi été notée pour les patients qui ne bénéficiaient pas d’autre traitement analgésique. Le PEA n’a pas produit d’effet secondaire. Les auteurs ont conclu : « dans cette étude, le PEA a été efficace et sûr dans la gestion de la douleur chronique de diverses conditions pathologiques. »

En bref

Science/Homme: les niveaux d’endocannabinoïde de la salive des personnes en surpoids sont plus élevés
Comparés à 12 personnes dont le poids est normal, les sujets en surpoids résistants à l’insuline présentent des niveaux d’endocannabinoïde salivaires plus élevés. Les concentrations salivaires d’anandamide (AEA) et d’oléoyl éthanolamide (OEA) avant la prise d’un repas sont directement liées à l’index de la masse corporelle, à la circonférence de la taille et à l’insuline à l’état de jeûne. Une perte de poids d’environ 5% en 12 semaines a fait diminuer les niveaux d’anandamide de la salive.
INSERM, Bordeaux, France.
Matias I, et al. PLoS One, 2012;7(7):e42399.
Science/Animal: le CBD réduit le sentiment de bien-être associé à la prise de morphine
Lors d’une étude menée sur des rats, le CBD (cannabidiol) a empêché l’effet gratifiant de la morphine, qui est la sensation agréable que la drogue procure. Ces effets sont transmis par l’activation des récepteurs 5-HT1A dans la région du cerveau dite du raphé dorsal. Les scientifiques ont conclu : « que le cannabidiol pourrait être cliniquement utile à l’atténuation des effets de dépendance des opioïdes. »
Department of Psychology, School of Social Science, University of Crete, Greece.
Katsidoni V, et al. Addict Biol.2 aout 2012. [in press]
Science/Animal: les endocannabinoïdes réduisent les dégâts causés au cerveau à la suite d’un apport sanguin réduit pendant la naissance
A la suite à un apport sanguin et d’oxygène réduit sur les rats de 7 jours, les endocannabinoïdes 2-AG (arachidonoyl glycérol) et AEA (anandamide) diminuent les dégâts causés au cerveau. Les endocannabinoïdes ont été administrés deux heures après la réduction du flux sanguin et d’oxygène. Le nombre de cellules nerveuses mortes du cerveau était moindre chez les animaux traités.
School of Medicine and Dentistry, University of the Basque Country, Vizcaya, Spain.
Lara-Celador I, et al. Brain Res. 26 juillet 2012. [in press]
Science/Animal: effet anti-inflammatoire du CBD en cas de pancréatite aigüe
Le CBD (cannabidiol) et le cannabinoïde synthétique O-1602, qui tous deux se lient au récepteur GPR55 ont réduit l’inflammation du pancréas, ou pancréatite aigüe, chez les souris, en diminuant la concentration des substances pro-inflammatoires (interleukin-6, nécrose tumorale facteur alpha).
Institute of Digestive Disease, Department of Pathophysiology, Tongji University School of Medicine, Shanghai, China.
Li K, et al. Pancreas. 30 juillet 2012 Jul 30. [in press]
Science/Animal: un antagoniste au récepteur périphérique CB1 réduit l’obésité
Un antagoniste au récepteur CB1réduit l’appétit, le poids et la résistance à l’insuline des souris. Cet effet est transmis par le rétablissement de la fonction de la leptine, une hormone sécrétée par les cellules grasses qui réduit l’appétit.
National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism, National Institutes of Health, Bethesda, USA.
Tam J, et al. Cell Metab. 25 juillet 2012. [in press]
Science/Homme: une forte consommation de cannabis chez les adolescents influe sur la fonction cérébrale
Il a été comparé les cerveaux de 24 sujets d’âge moyen de 18 ans, gros consommateurs de cannabis à ceux de 24 non-consommateurs. Des différences d’activation de certaines régions du cerveau ont été notées. Les chercheurs ont conclu que « la consommation de marijuana tout au long d’une vie avait des conséquences sur le développement du cerveau. »
The Brain Institute, University of Utah, Salt Lake City, USA.
Lopez-Larson MP, et al. Psychiatry Res. 24 juillet 2012. [in press]
Science/Homme: les tests d’urine au THC des nouveau-nés ne sont pas fiables
Dans un échantillon important de tests d’urine au THC de nouveau-nés, près de la moitié des résultats (47%) n’a pas été confirmée par des tests spécifiques. Le pourcentage correspondant pour les adultes est de 0,8%. C'est-à-dire que l’urine d’un nouveau-né, positive au THC lors d’un test ne contient pas de THC. La cause en est inconnue.
Department of Pathology, University of Utah School of Medicine, Salt Lake City, USA.
Barakauskas VE, et al. Clin Chem.24 juillet 2012. [in press]
Science/Homme: la consommation de cannabis accroit l’inhibition de l’attention 
Un groupe de 25 consommateurs réguliers de cannabis a montré plus de résistance lors de la réalisation d’une tâche impliquant l’inhibition de l’attention, que 26 sujets non consommateurs. La théorie de l’inhibition est basée sur la supposition que lors de la réalisation de n’importe qu’elle tâche mentale, le sujet passe à travers une série d’états de distraction et d’attention. Les auteurs ont conclu : « que d’autres recherches sont nécessaires pour déterminer si une plus grande inhibition représente un avantage ou un désavantage de la performance de recherche visuelle des consommateurs de cannabis. »
The International Faculty of the University of Sheffield, City College, Thessaloniki, Greece.
Vivas AB, et al. Hum Psychopharmacol. 1er août 2012. [in press]

ENCOD : Bulletin n°89 sur les politiques des drogues en Europe

JUILLET 2012
LA PATIENCE EST LA CLÉ DE LA RÉUSSITE

Du 22 au 24 juin 35 membres d’ENCOD de 11 pays ont assisté à l’Assemblée Générale 2012 à T Klooster, Anvers. Pendant trois jours, l’Assemblée a discuté de ses forces et faiblesses, des opportunités à saisir et des menaces pesant sur ENCOD après 20 ans d’une coalition de citoyens pour des politiques en matière de drogues justes et efficaces, sans oublier de prendre des décisions concernant les défis que nous devrons affronter lors des 12 prochains mois.

Comme d’habitude, la réunion a commencé par un tour de table sur la situation actuelle de la politique des drogues dans les différents pays représentés : Norvège, Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Royaume-Uni, Espagne, France, Italie, Slovénie, Israël. De nombreux points noirs ont été soulignés et quelques améliorations sont constatées dans ces pays. La Belgique et l’Espagne présentent des points positifs mais uniquement en ce qui concerne la politique du cannabis, et l’usage médicinal bénéficie d’une acceptation de plus en plus importante dans toute l’Europe. Cependant les politiques d’austérité menace les programmes de réduction des risques qui continuent d’exister dans des conditions très précaires, l’ère de la tolérance zéro n’est pas terminée comme le montre, par exemple, le "weedpass" (carte cannabis) au Pays-Bas.

Danny Freeman, Belgique

L’évènement le plus remarqué du premier jour a été la présence de Chakib el Khayari, président de l’association des Droits Humains du Rif, emprisonné entre 2009 et 2011 après avoir dénoncé les alliances entre des fonctionnaires de l’État et des narcotraficants du Maroc. En 2008, Chakib a été à l’origine du débat sur la légalisation du chanvre/cannabis à des fins industrielles et médicinales et malgré la violence de la répression à son encontre, l’impact et la force du débat n’ont fait que croître.
Aujourd’hui 3 partis politiques parmi les plus grands soutiennent ouvertement cette proposition, ainsi que le conseiller à la sécurité du roi du Maroc. Chakib a proposé a Encod d’accompagner l’introduction d’apports techniques et commerciaux à la culture du chanvre au Maroc. La part la plus importante des bénéfices de cette coopération devra rester entre les mains des producteurs marocains, cela peut permettre une avancée très importante et pas seulement au niveau du Maroc mais aussi au niveau international.

Cuisine populaire, vendredi soir, en T Klooster

Les activités fondamentales d’Encod ont été discutées le samedi : les actions de lobby pour les différentes rencontres, aussi bien pour la Commission des Stupéfiants des Nations Unies à Vienne que pour le Forum de la Société Civile sur la Politique des Drogues dans l’Union Européenne à Bruxelles, ainsi que pour la promotion des Clubs Sociaux du Cannabis comme modèle de régulation du marché du cannabis en Europe (en dehors des Pays-Bas).

Fredrick Polak (Pays Bas) et Max Plenert (Allemagne)

Ça n’a pas été très compliqué pour conclure. Lors des sommets internationaux et européens sur la politique des drogues, les marges dans lesquelles nous pourrons agir seront très étroites. Les représentants de gouvernements et ceux de nombreuses ONG n’arrivent pas à penser en dehors du concept de prohibition. Tout ce que nous pouvons faire c’est rester de côté et observer les mouvements de la tortue géante. On a très vite été d’accord sur le fait que nous ne pouvons ignorer de telles rencontres mais nous avons décidé de limiter notre présence à ce qui est pratiquement réalisable et stratégiquement nécessaire. On formulera les conditions concrètes à respecter concernant notre participation. Nous espérons que cela facilitera aux membres, le suivi et le partage des expériences des délégués d’Encod à ces réunions.

Ingrid Wunn, Allemagne

Des bonnes vibrations ont animé le débat sur la progression des Clubs Sociaux du Cannabis. Autant en Espagne qu’en Belgique, ce modèle semble avoir été reconnu comme une alternative légitime au marché noir, favorisant la protection de la santé et de la sécurité publiques. En Espagne, les clubs se sont rapidement professionnalisés et ils sont en train d’organiser le premier Forun Social International de Cannabis lors de la foire Expo Grow à Irun, au Pays Basque du 14 au 16 septembre 2012. En Belgique, Trekt Uw Plant a multiplié par deux le nombre de ces adhérents, depuis la fermeture, aux Pays-Bas, des coffeeshops frontaliers, aux résidents belges.Le 18 juin, le premier Club Social de Cannabis français a vu le jour à Tours et une initiative semblable se prépare en Slovénie.

Jaka Bitenc et Janko Belin, Slovenie

Dans le courant de cette année Encod réalisera un inventaire des données disponibles et nécessaires sur le fonctionnement des clubs du cannabis en Espagne et en Belgique, en mettant en évidence les preuves que ce système peut contribuer à la réduction du marché illégal. Nous construirons aussi une stratégie commune pour la défense légale de cette initiative qui pourra être utilisée par les avocats dans les pays d’Europe quels qu’ils soient. Nous ferons aussi la promotion active du modèle dans les pays où les activistes nous sollicitent et nous produirons du matériel d’information. Enfin nous défendrons la coopération technique transnational entre les clubs sur des thèmes comme l’organisation ou l’échange de matériel génétique.

Jan Bojer (Norvège)

Le dimanche, l’assemblée a pris des décisions sur une série de propositions d’actions qui ont été présentées par des membres. Suivant l’ordre chronologique :
Le site web d’Encod sera reconstruit en octobre par le webmaster.
Lors des prochains mois on diffusera des pétitions aux membres d’Encod traitant les thèmes urgents comme la réduction des risques (particulièrement en milieu carcéral).
Nous ferons un récapitulatif des membres d’Encod, de leurs compétences et de leurs capacités, pour que cette information puisse être partagée par d’autres membres et par le grand public, optimisant ainsi le réseau.

Nous commencerons à préparer une campagne pour les élections européennes de 2014. Nous voulons donner des informations sur le comportement des partis dans le débat sur la politiques des drogues et lancer une discussion publique sur ce thème. En France et au Royaume-Uni des membres pensent présenter leur propre liste.
Dans les 6 prochains mois Encod soutiendra les manifestations organisées par l’Association des Amis de la Feuille de Coca pour informer sur les vertus médicinales, culturelles et alimentaires de cette feuille et promouvoir son modèle de commerce équitable qui est la base du circuit fermé entre des consommateurs européens de la feuille de coca et des producteurs andins. Dans cette campagne nous espérons collaborer avec des membres d’Encod de plusieurs pays, ainsi qu’avec des populations et des ambassades péruviennes et boliviennes.

Pause dans le jardín du T Klooster

Enfin, nous avons décidé de créer un fond d’Encod. Grâce aux différents projets d’Encod (comme Trekt Uw Plant en Belgique ou VOC en Hollande) le poids administratif sur le budget d’Encod a été réduit. Cela veut dire que chaque année on peut mettre de côté une somme d’argent, une fois que tous les besoins d’Encod ont été satisfaits.
On a décidé que cet argent pouvait servir à soutenir des actions locales des membres d’Encod. Dans cet objectif, on élaborera une procédure pour l’application et la sélection.
La force d’Encod tient dans sa diversité et son indépendance. Nous sommes une authentique coalition de citoyens qui ne se laissent pas avoir par des intérêts à court terme. Toutefois notre point faible réside dans la fragilité de l’appareil qui impose trop de tâches à trop peu de gens qui ont tendance à surestimer leurs capacités propres et à sous-estimer les exigences pour réussir.

’Rien n’est vraiment certain, même pas cette phrase." (mots de l’écrivain Frederik van Eeden, dans les rues d’Anvers) )

Nous avons des opportunités à saisir dans la cohérence entre travail de lobby concentré sur des actions concrètes qui démontrent qu’une alternative à la prohibition est possible ; et l’activisme de base dans l’aide aux personnes pour faire face aux nécessités du quotidien (CSC et Amis de la Feuille de Coca).
Nous ne sommes pas menacés. La prohibition des drogues est prête à être abolie comme un des programmes sociaux les plus absurdes de l’histoire humaine. L’appel à la population pour que soient envisagées des politiques alternatives plus justes et plus efficaces ne se renforcera que dans les années à venir. Avec d’autres, nous devrions faire en sorte que ces alternatives soient les plus convaincantes possibles. Si nous échouons, nous ne pourrions nous en prendre qu’à nous-mêmes.

Par Joep Oomen
Photos par Maja Kohek, Slovenie

Source:ENCOD

BULLETIN ENCOD 85 : UNE DROGUE CONTRE LA GUERRE ?

Cent ans après la signature de la Convention Internationale de l’Opium de La Haie, le cadre international de la politique des drogues fonctionne comme le cerveau primitif d’un reptile. Du Mexique au Pakistan en passant par les territoires de "paco" en Amérique Latine, "Krokodil" en Russie et"Yaaba" dans le Sud-Est asiatique, les prisons des Etats-Unis et les camps de travaux forcés de Chine, tout ce qui est lié à ce que l’on a appelé "politique pour un monde sans drogues" a été un désastre pour la santé publique et la répression policière. La guerre aux drogues est un crime contre l’humanité et la bio-diversité. Y aurait-il un remède en cours de fabrication ? Est-il possible d’élaborer une drogue contre la guerre ?

En théorie, la politique des drogues est une affaire qui dépend de la souveraineté nationale de chaque état, mais la Convention Unique de l’ONU de 1961 établit les principes de chaque état membre de l’ONU qui l’a adoptée. Cela veut dire que si un pays décide de développer une nouvelle politique basée sur d’autres stratégies que la prohibition, il doit tout d’abord demander l’autorisation à l’ONU, tout au moins pour une période probatoire.
Par ailleurs, à l’intérieur des frontières de l’UE, chaque état membre peut faire sa propre politique, mais on suppose que la Commission de l’UE proposera une stratégie commune, au travers de l’Unité du Groupe Horizontal des Drogues et d’une consultation superficielle, à la fois du Parlement Européen (dont les recommandations ne sont jamais prises en compte), et du Forum de la Société Civile ( qui n’a toujours pas réussi à donner une opinion cohérente).

Il faut dire aussi qu’il existe des autorités locales et régionales qui doivent affronter la réalité quotidienne de la rue. Quelques fois des politiques alternatives très spécifiques sont mises en place et sont reconnues après de nombreuses années d’effort, et soudainement elles sont largement diffusées. C’est par exemple le cas de plusieurs mesures très connues de réduction des risques.
Paradoxalement, le Gouvernement Fédéral des Etats-Unis (promoteur et sponsor de la guerre aux drogues de l’ONU depuis le premier jour) se confronte actuellement à un dilemme interne car une grande partie de son territoire a adopté des lois permettant la production et la distribution de la marijuana médicinale, contredisant sa classification comme "substance morbide sans intérêt médicinal".

Cependant, quand il s’agit de législation, on ne peut que progresser à l’intérieur du cadre de l’ONU. En fait chaque état membre a remis sa souveraineté à l’ Organe International de Contrôle des Stupéfiants (OICS), l’agence qui possède le pouvoir de décision, se basant sur les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé, sur l’acceptation ou le rejet des listes mondiales des drogues contrôlées.

C’est l’Office de l’ONU contre les Drogues et le Crime (UNODC) qui gouverne et qui organise les rencontres annuelles de la Commission des Stupéfiants dont elle gère le secrétariat permanent . Le lien entre l’OICS et le pouvoir supérieur de l’ONU c’est l’UNOCD. Vue de près l’OICS est une commission de treize membres "indépendants", alors que la Commission des Stupéfiants de l’ONU est constituée de délégations d’au moins 53 pays.
Cela veut dire que 350 millions de personnes dans le monde qui consomment des drogues illicites sont prises en otage par des décisions émanant de moins de 1000 "délégués" dirigés par 13 "experts", qui," en étroite collaboration avec les organisations régionales compétentes, et avec le soutien total des institutions financières internationales ainsi que d’autres agences compétentes, prennent les décisions finales et astreignantes" pour la mal nommée consultation de la "société civile".

Selon ses propres mots, la 55ème session enregistrera les réussites attendues et identifiées du projet stratégique pour la période 2012/2015, adoptera un budget de programme bisannuel pour 2012/2013 et préparera le cadre stratégique de la période 2014/2015. Peut-être qu’une nouvelle Session Spéciale de l’Assemblée Générale de lONU sera planifiée pour 2014. En d’autres termes, on ne peut rien attendre de nouveau.

Cependant, à cause de la crise économique, l’attention particulière portée à "la régulation des drogues" prend de plus en plus d’importance. Depuis que la Commission Globale sur la Politique des Drogues a recommandé au secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon, dans un rapport, de changer la politique des drogues, plusieurs pays comme la Colombie, le Mexique et le Guatemala demande "la légalisation". Durant ces derniers mois, même à l’intérieur de l’UE, la Grèce et la Pologne ont décriminaliser l’usage des drogues, et le gouvernement du Pays Basque en Espagne planifie pour un futur proche, la régulation des Clubs Sociaux du Cannabis.

D’un point de vue polémique cette crise économique n’est qu’une nouvelle opportunité pour le crime international organisé de blanchir leurs fortunes, agissant comme des sauveteurs du système économique (comme l’avait reconnu l’ancien directeur de l’UNODC, Antonio Maria Costa), par exemple par leurs investissements dans les paradis fiscaux qui rendent plus sûr leur commerce.
Alors, quel intérêt pour la population si le crime organisé domine l’économie mondiale et s’occupe de la politique ? La situation au Mexique est le destin fatal de l’actuelle "guerre aux drogues" alors que la politique du Portugal a démontré en une dizaine d’années que des alternatives à cette politique peuvent donner des résultats concrets.
C’est pour cela qu’ENCOD, sans moyens mais avec beaucoup de bonne volonté, invite au premier "Sommet pour la Paix des Drogues" du 9 au 16 mars à Vienne.

Le samedi 10 mars, une marche partira pour Vienne afin d’exiger la fin de la guerre aux drogues et changer le système de contrôle des drogues imposé par l’ONU. Une délégation d’ENCOD assistera en même temps à la réunion de l’ONU et fera part de nos propositions pour des politiques des drogues alternatives telles que les "Cannabis Social Clubs" ou "Les Amis de la Feuille de Coca", ou en soutenir d’autres comme la proposition "le pavot comme médicament".

Par Farid Ghehioueche