Cannabis Médical : Casser la loi pour sauver des vies

Dans la plupart des pays, l'utilisation du chanvre est interdite même dans un but médical. L'automédication au cannabis a poussé un grand nombre de citoyens généralement respectueux des lois à entrer en conflit avec le système légal.

Savages : Lutte entre hippies et cartels

Dans Savages, le cinéaste américain Oliver Stone met en scène le combat implacable mais encore «hypothétique» entre des néo-hippies californiens et un cartel de la drogue mexicain cherchant à s’implanter de l’autre côté de la frontière.

INTERVIEW DE JORGE CERVANTES, LE GOUROU MONDIAL DU CANNABIS

Soft Secrets interview Jorge Cervantes, un des grands experts mondiaux du cannabis et collaborateur de Soft Secrets.

Cannabis : les bons plants du Colorado

Depuis 2000, cet Etat américain a légalisé l'usage médical du cannabis. De la culture des fleurs au commerce des produits dérivés, les business se multiplient. Une économie très profitable, y compris pour les finances locales.

La France accro à la prohibition

Publication en juin dernier à New York du rapport de la Commission mondiale sur la politique des drogues (Global Commission on Drug Policy) signé par une kyrielle de personnalités de stature mondiale qui constatent l'échec de la guerre à la drogue...

Divers : Les premières cigarettes anti-incendie dans le commerce en Europe


PARIS — Les premières cigarettes anti-incendie, une norme qui doit se généraliser en Europe mi novembre, commencent à être livrées chez les revendeurs de tabac, a-t-on appris mercredi auprès de fabricants et des buralistes français.

Pour ces cigarettes, baptisées "lip" (lower ignition propensity, propension à la combustion réduite), seul le papier change.

Chaque cigarette comporte désormais sur sa longueur deux ou trois anneaux où le papier dispose de moins de micro-perforations. Lorsque la combustion arrive à ces anneaux, le tabac est moins oxygéné, ce qui facilite l'extinction de la cigarette si le consommateur ne fume pas activement.

Ces anneaux permettent d'"arrêter la combustion", agissent comme "des barrières", explique Imperial Tobacco (qui fabrique notamment les marques françaises Gauloise, mais aussi JPS ou encore Fortuna).

Ces cigarettes répondent à une norme voulue par la Commission Européenne soucieuse de voir les cigarettes dotées d?un dispositif novateur qui limiterait les incendies accidentels.

Le goût des cigarettes, leur texture ne changent pas, assurent les fabricants joints par l'AFP. Le papier à rouler n'est pas concerné.

Pourtant en France, la Confédération des buralistes assure avoir eu des remarques de consommateurs qui "s'en rendent compte et posent des questions". Certains jugeant leur cigarette habituelle "différente".

Les fabricants ont jusqu'au 17 novembre pour modifier toutes les cigarettes qu'ils livrent.

Certains comme Imperial Tobacco France ont déjà commencé à fournir exclusivement des lip aux buralistes afin qu'ils puissent avoir épuisé leur stock de cigarettes non lip le 17 novembre.

Cannactus : Je me pose une question sur la toxicité de ce nouveau papier , car si elles s’éteignent plus vite , le papier est forcement plus épais ou d'une autre composition .Les cigarette sont déjà assez toxique comme sa ...

Les feuilles à rouler n’étant pas concernée le gout de la bonne herbe va continué ! ;D


Le télégramme en 2009 :

Un de nos lecteurs, salarié des PDM (Papeteries de Mauduit), nous adresse un courrier à propos du fameux papier Lip (low ignition propensity). «Le traitement du papier à cigarette», écrit-il, «est tel que l'incandescence du tabac n'est plus suffisante pour que la cigarette se consume toute seule jusqu'au bout si le fumeur n'aspire plus de fumée». «Au passage», poursuit-il, «on peut dire que si certains des lobbies qui tentent de faire modifier les lois aux USA et en Europe considèrent les cigarettes Lip (respectant une norme de labo) comme un progrès technique permettant de sauver des vies lors d'incendies déclenchés par des fumeurs négligents ou endormis (feux d'intérieurs sur habillement, literie, fauteuils, canapés etc.), il n'est pas démontré que leur généralisation pourrait avoir un impact si majeur sur la réduction du nombre de feux accidentels». «En effet, l'extinction d'un mégot n'est pas automatique, et la chaleur dégagée par le bout incandescent est entre 600ºC et 900ºC, quel que soit le type de papier utilisé».

«Appellation pas vendeuse»


«L'appellation Lip», dit-il, «n'est pas vendeuse en français, nos publicitaires trouveront bien une traduction plus percutante, ce qui pourrait tromper la vigilance du consommateur qui croira être mieux protégé en matière de risque d'incendie.» «L'effet obtenu», poursuit notre lecteur, «pourrait donc être même inverse de l'intention initiale. L'éducation en matière de prévention incendie, ainsi que des règles plus strictes sur l'ininflammabilité des tissus d'habillement ou de mobilier, plus des systèmes de détection et d'extinction domestiques, pourraient plus sûrement réussir à faire diminuer toutes sortes de feux, y compris ceux causés par des mégots de cigarettes». «On comprend mieux pourquoi les législations ont bien du mal à s'uniformiser sur ces bases et que le papier Lip a bien du mal à s'imposer comme une panacée. À Quimperlé, on en parle depuis plus de dix ans, et les nombreux essais même réussis n'ont pas encore modifié les marchés actuels, ni aux États-Unis ni en Europe». «Le pactole attendu dépend non seulement des lois, qui tardent, mais aussi des procédés concurrents qui n'ont pas manqué d'être développés».

«Un atelier intermédiaire»

«Celui breveté par Schweitzer-Mauduit», conclut notre lecteur, «nécessite la construction d'un atelier intermédiaire entre la production de papier de base et le découpage traditionnel en bobines». «La décision de mise en concurrence du site de Quimperlé avec un autre dans un pays de l'Est de l'Europe est plutôt de mauvais augure, et le plan social actuellement en cours ressemble fort à une condamnation définitive résultant d'un choix déjà effectué et non annoncé».


[Source:AFP / letelegramme]

Des chercheurs ont séquencé le génome de la marijuana

Pour la première fois, des chercheurs d'une société basée dans le Massachusetts aux Etats-Unis, ont séquencé intégralement le génome de deux variétés de marijuana. Des travaux qui pourraient permettre de développer de nouveaux traitements basés sur les propriétés de la plante.

Si le cannabis a déjà fait l'objet de nombreuses études, la plante recèle encore aujourd'hui bon nombre de mystères. Mais les récents travaux des chercheurs de Medicinal Genomics, une

société basée dans le Massachusetts, pourraient bien permettre d'en élucider quelques-uns. En effet, Kevin McKernan, fondateur de l'entreprise, vient tout juste d'annoncer qu'ils étaient parvenus à séquencer le génome du plant de cannabis, et plus précisément, celui de deux sous-espèces : Cannabis sativa et Cannabis indica. Selon leurs résultats, la séquence décryptée serait composée de plus de 131 milliards de paires de base, mais celle-ci n'a pour l'instant été publiée

dans aucune revue.

"Malgré des preuves concluantes sur les bénéfices thérapeutiques du cannabis, très peu de recherches

centrées sur la génomique ont été réalisées dans ce domaine", a expliqué Kevin McKernan dans une interview accordée à National Public Radio. Justement, c'est précisément dans le but d'étudier les effets bénéfiques du cannabis et d'identifier ses composés que les chercheurs ont réalisé ce séquençage. Ainsi, ils ont isolé 84 molécules qui pourraient être capables de combattre la douleur voire agir sur des tumeurs, parmi lesquelles le tétrahydrocannabinol (THC) déjà bien connu.

"Nous savons quels gènes gouvernent le THC et le CBD (un autre cannabinoïde), mais pas ceux des 83 autres composés. Maintenant que nous avons séquencé le génome, nous pouvons aussi séquencer d'autres variétés, et ainsi lier les différences dans l'ADN aux différentes caractéristiques" a indiqué le patron de Medicinal Genomics toujours à NPR. Une fois identifiés, les autres composés pourraient alors être utilisés pour concevoir de nouveaux traitements. Ou à l'inverse, ces nouvelles connaissances pourraient également permettre de créer du cannabis aux effets psycho actifs réduits comparé à ceux du plant originel.

Un grand pas en avant pour les scientifiques

Toutefois, les recherches s'avèrent difficiles dans le domaine alors que de nombreux pays restreignent sévèrement la culture et la détention de marijuana. Kevin McKernan précise ainsi : "De nombreuses personnes qui souhaitent contribuer à ce type de travaux ne le peuvent pas, mais désormais que cette information (le génome) est disponible, de nombreuses recherches peuvent être faites sans avoir à cultiver la plante".


[Source:Maxiscience]

Marijuana: des producteurs inquiets

Devant cette abondance de marijuana, Ottawa cherche à donner un second souffle à son programme de répression.


Le gouvernement Harper étudie actuellement un projet de loi qui enverrait automatiquement en prison les personnes coupables d'avoir cultivé plus de six plants de marijuana.

Pour le criminologue Neil Boyd, le durcissement des condamnations demandé par les conservateurs n'a rien de nouveau: c'est une stratégie qui a déjà été tentée.

«À la fin des années 60, le simple fait d'avoir de la marijuana en sa possession pouvait valoir une peine de prison, explique-t-il. Ça n'a rien changé: la culture et l'usage du cannabis ont explosé.»

Quand la Californie a envisagé de légaliser le cannabis, l'an dernier, les experts canadiens ont évalué que le scénario entraînerait une catastrophe en Colombie-Britannique.

Cela aurait en effet menacé les exportations de marijuana vers les États-Unis, qui représentent plus de 2 milliards de dollars par an, ainsi que 20 000 emplois, selon une étude de l'Université de Fraser Valley.

Adam Scorgie se souvient d'avoir vu les producteurs de cannabis paniquer. «Soudainement, des gars venaient me voir au gym pour me poser des questions sur le référendum californien. Ils étaient nerveux. Ils comprenaient que le prix du pot tomberait si la légalisation avait lieu.»

Ce qui ne s'est pas produit, 54% des électeurs s'étant opposé à la légalisation lors du référendum.

Au Canada, la légalisation est impensable pour le moment, croit Ian Mulgrew, qui voit toutefois un changement possible dans les cinq à dix prochaines années.

«La marijuana est diabolisée depuis 100 ans. Ce n'est que depuis 30 ans qu'un autre discours a commencé à apparaître. Pouvoir avoir une discussion honnête sur la marijuana est un phénomène récent.»

En Colombie-Britannique, parler de cannabis, c'est parler d'argent, dit Adam Scorgie.

«Les marchands de Kelowna acceptent d'être payés 500$, 1000$, 1500$ en argent comptant, et ils savent très bien d'où ça vient, dit-il. Tout le monde en profite, directement ou indirectement. Je pense que la loi va rester exactement la même, et que les cultivateurs vont continuer à brasser de bonnes affaires, pendant plusieurs années encore.»

[Source:Cyberpress]

À l'avant-garde des soins thérapeutiques

Pour comprendre comment la Colombie-Britannique est devenue le centre canadien de la culture de la marijuana, il faut remonter aux années 60 et à la guerre du Viêtnam, explique Ian Mulgrew, chroniqueur au Vancouver Sun et spécialiste des questions liées à la marijuana.


«Dans les années 60, la Colombie-Britannique était la Californie du Canada, explique-t-il. C'était un endroit très permissif, où la culture des communes et du laisser-faire était importante. Cela a attiré des dizaines de milliers de draft dodgers qui fuyaient la conscription américaine, et l'une des choses qu'ils pouvaient faire pour gagner de l'argent était de cultiver des champs de cannabis.»

À la fin des années 70, l'industrie s'est perfectionnée. La culture extérieure a fait place à la culture en serre, qui permet plusieurs récoltes annuelles et décuple les revenus potentiels.

L'émergence de la culture du haschich a aussi permis à la Colombie-Britannique d'être à l'avant-garde de l'utilisation du cannabis à des fins thérapeutiques.

Santé Canada permet la vente de marijuana thérapeutique depuis 2001, mais de telles boutiques avaient ouvert leurs portes à la fin des années 90 à Vancouver.

On trouve aujourd'hui 20 points de distribution de marijuana thérapeutique dans la province, dont 10 à Vancouver. Sur West Broadway, les galeries d'art et les restos de sushis ont un nouveau voisin: Westcoast Medicann. La boutique épurée a des airs de boutique Apple, et les clients pourraient très bien être les mêmes que ceux qui recherchent le dernier iPhone ou iPad.

Confusion

Josh Lowry, gérant de la boutique à but non lucratif, reçoit des patients atteints du sida, du cancer ou qui souffrent de douleurs chroniques, que la marijuana peut atténuer.

Pour 100$, les clients potentiels de Westcoast Medicann consultent un naturopathe sur place, et ils obtiennent une ordonnance leur permettant d'acheter de la marijuana thérapeutique vendue entre 8$ et 10$, bien moins cher que sur le marché noir.

Pour Ian Mulgrew, la situation actuelle est encore embryonnaire. «Nous avons 2000 producteurs légaux qui cultivent de la marijuana thérapeutique en Colombie-Britannique, un nombre qui devrait passer à 10 000 d'ici les prochaines années», dit-il.

Certaines villes de la province ont choisi d'interdire les dispensaires sur leur territoire, ce qui crée une zone grise, dit-il. «Pour les forces policières, ça devient complexe de savoir qui est légal et qui ne l'est pas. Il y a beaucoup de confusion autour de cette question présentement.»

Josh Lowry dit que personne dans le voisinage ne s'est offusqué de l'arrivée d'un dispensaire de marijuana thérapeutique dans le quartier.

«Nous sommes ouverts depuis quatre mois, et n'avons eu aucune plainte, dit-il. Nous avons même invité les policiers, mais ils ne sont pas encore venus. Leur poste est pourtant à seulement trois pâtés de maisons d'ici.»

[Source:Cyberpress]

Dans mon coffeeshop, High for the chronic

Le sujet du jour est consacré au club social du cannabis, le petit frère du coffeeshop.
Une idée qui a déjà fait ses preuves. La naissance de ce projet vient en France de l'initiative du Groupe de Travail Drogues - Les Verts, du réseau européen ENCOD et du CIRC; un colloque sur "la politique des drogues de la France et de l'Union Européenne" a été organisé au Bureau du Parlement Européen à Paris.

Si, en France, l'"Appel du 18 joint " a été l'occasion de faire le bilan de 30 ans de prohibition dure, aux Pays Bas, les 30 ans de l' "Opiumwet " (la loi qui a ouvert la voie aux coffeeshops) sera l'occasion de fêter 30 ans de prohibition douce. C'est la vision de l'organisateur de cette journée.

Des acteurs politiques français et des Pays-Bas, ainsi que des activistes comme Freek Polak et Joop Oemen débattront de la politique européenne en matière de cannabis. Le journaliste Laurent Appel aura ce jour-là la brillante idée de présenter le club social du cannabis, une association où tout adulte peut faire cultiver son cannabis dans un local commun. Ce système permet de contrôler la qualité des produits et d'en faire un usage dans un endroit sain et surveillé.
Une alternative à la prohibition du cannabis qui peut limiter les dégâts de l'usage du cannabis.
Une idée qui a fait son chemin en Espagne et puis comme on le verra, en Belgique.

L'auberge espagnole

En 1993, Martin Barriuso Alonso écrit au procureur du roi d'Espagne pour demander si le club social du cannabis serait un projet légal, et il s'avère que c'est tout à fait possible et légal. Même si plus tard, leur récolte sera confisquée, les membres de l'Arsec, dont Martin est le président, seront libérés. Puis, l'association Pannagh voit le jour et compte aujourd'hui 200 adhérents qui consomment un demi gramme par jour en moyenne. À Bilbao, le collectif Kalamudio fonctionne sur le même modèle. La transparence est très importante: chacun de ces clubs paye légalement le loyer et les employés, ainsi que les impôts si cela est nécessaire. Comme partout en Europe, les growshops et les grainetiers se sont développés en Espagne.

Les salons et les cups, tout comme le journal Yerba, prouvent que les espagnols ont une position importante sur le marché du cannabis. Cela fait suffisamment de bonnes raisons pour que les lecteurs de Soft Secrets, sans compter le soleil et les jolies filles, réservent des vacances dans ce beau pays.

Le pot Belge

Ce n'est pas une blague belge mais depuis janvier 2005 en Belgique, une circulaire ministérielle dépénalise l'usage du cannabis. Ainsi, détenir 3 grammes n'est plus un délit et ne peut plus être sanctionné par une amende ou une peine de prison. En 2006, le groupe Trek uw plant, "Cultivez votre plante", voit également le jour. À l'initiative de Joop Oemen, plusieurs adultes vont s'unir afin d'avoir un local commun où ils peuvent cultiver leur cannabis. Les amis de Joop seront dans un premier temps condamnés, mais la cour d'appel d'Anvers reverra ce jugement et déclarera libres les membres de Trek uw plant. Une bonne décision contre le marché noir du cannabis.

La Hollande, l'autre pays de l'herbe

Tout récemment et dans le but de protéger la santé des citoyens, la mairie d'Utrecht a eu la même idée. Plusieurs personnes se sont portées volontaires pour participer au projet. Ainsi, 150 individus ont pu organiser une plantation de manière collective. Sur les 15 coffeeshops de la ville, aucun ne devrait être menacé. Seul l'un d'entre eux pourrait se transformer en club social du cannabis.

Le ministre de la justice Ivo Opstelten a fait savoir qu'il serait hors de question que ce phénomène puisse voir le jour. La ville a répondu que ce n'était qu'une proposition et qu'il fallait d'abord tester son efficacité.

Enfin, pour revenir sur la France, si vous êtes au courant d'un tel projet dans votre ville, faites le savoir en écrivant à la rédaction de Soft Secrets. Je serais un des premiers à m'y inscrire et à apporter mon soutien. Et si Nicolas Sarkozy est déjà membre, ne confondez pas sa réserve avec la mienne.

[Source:SoftSecrets]

“Aujourd'hui, ça devient sérieux, le libre marché est arrivé.”


INTERVIEW DE JORGE CERVANTES, LE GOUROU MONDIAL DU CANNABIS
En été 2006, nous avions interviewé Jorge Cervantes, un des grands experts mondiaux du cannabis et collaborateur de Soft Secrets. Cinq années plus tard, il n'a pas changé et a toujours le même intérêt pour le travail et la recherche. Parler avec Jorge est un réel plaisir, non seulement pour ses connaissances en matière de cannabis mais surtout, pour sa profondeur humaine.
H. Madera


Soft Secrets. Qu'as-tu fait depuis l'interview précédente?
En 2005, j'ai commencé à écrire pour de nombreux magazines, plus 20 différentes et dont plusieurs commençaient seulement à paraître. En 2006 est sortie la nouvelle Bible et plus tard, la première vidéo que j'ai faite. 2006 fut une grande année. Depuis lors, les choses ont commencé à changer et je me suis rendu compte de l'effet YouTube qui nous a amené beaucoup de succès. La vidéo a été rapidement partagée, ce qui nous a fait beaucoup de publicité. En 2007, la nouvelle Bible traduite est sortie ici,ainsi que la seconde vidéo. 
Cette année là est également sortie l'édition française de la Culture en intérieur. La clé fut que je me trouvais en Espagne cette année là. Ça bouge beaucoup plus en Espagne qu'aux Etats Unis où c'était l'époque de Georges Bush, et on ne pouvait quasi rien faire. Bien sûr, il y avait déjà les lois sur l'usage médical dans plusieurs états, mais les gens avaient peur et les choses bougeaient lentement. En attendant, j'ai pu travailler sans problèmes en Europe, sur des sites en Espagne, en Hollande ou en Suisse. Ici, j'ai pu apprendre constamment, tout est beaucoup plus libre pour visiter les jardins, sans trop de contrôles.J'ai travaillé beaucoup, beaucoup…
Quel âge as-tu pour pouvoir tenir ce rythme de travail?
J'ai 57 ans. D'habitude, les gens de mon âge ne travaillent pas autant mais je suis entouré de jeunes toute la journée et ce sont eux qui m'inspirent. Les jeunes ont beaucoup de force.



Qu'as-tu appris sur les cultures d'extérieur pendant ces années-là?
Que le sol et l'eau sont horribles en Espagne. Il faut beaucoup pour les améliorer, il y a beaucoup d'argile, le drainage est mauvais et le climat est sec dans une grande partie du pays. Le pH de l'eau est élevé et il y a trop de vent. Tout ça rend la culture difficile. Beaucoup de gens qui cultivent à l'extérieur n'amendent pas le sol alors qu'il faut le faire. Quand on utilise des pots, il faut faire attention qu'ils chauffent trop. La terre dépend également de l'endroit, en Cantabrie, le sol est meilleur.
Que recommandes-tu pour améliorerle sol?
On peut faire des analyses du sol pour savoir ce qui manque mais je recommande surtout de l'amender avec de la matière organique, d'y ajouter du fumier ou un compost quelconque. Du compost et encore du compost. 
Le plus important est d'y apporter de la vie et de maintenir celle-ci en vie pour qu'elle se développe dans le sol. C'est très important. Par exemple, j'ai écrit récemment sur un groupe de gens qui cultivent des plantes géantes. Et bien eux, durant leur culture, ils n'ajoutent que quelques poignées de guano de chauves-souris car le reste vient de l'enrichissement antérieur de la terre.Il faut chercher ce qui créé la vie dans le sol et veiller à ce qu'elle continue de croître. Le plus crucial est de mettre de la vie dans le compost et dans la terre, et de l'y maintenir pendant toute l'année, car elle peut mourir très facilement. 
Quand on cultive bio, il ne faut en aucun cas utiliser des sels chimiques car ils brûlent tout et qu'après, il faut beaucoup de temps pour retrouver un niveau de vie élevé dans le sol. Beaucoup de gens préfèrent acheter et les produits servent mais pas autant. Il est important de bien connaître son sol. C'est une bonne idée de cultiver un jardin avec d'autres types de plantes qui pourront servir à savoir ce qui se passe dans son jardin. Si dans un coin, vous plantez de la marijuana et dans un autre, des laitues, des tomates et des poivrons, cesplantes vont vous avertir des problèmes avant qu'ils n'affectent la marijuana. Il faut utiliser le "mulching" ou paillage, recouvrir la terre de matériaux de manière à ce que les racines et le sol soient protégés.
Tu es devenu très célèbre pour tes explications sur la culture en intérieur et aujourd'hui, tu es très intéressé par la culture en extérieur.
J'aime mieux la culture à l'extérieur qu'à l'intérieur. C'est une des grandes choses que j'ai apprises en Espagne. S'il n'y avait pas les lois, tout le monde pourrait cultiver à l'extérieur. Ce serait fantastique. Quand j'ai commencé, il y a 30 ans, tout le monde me disait: "L'herbe cultivée à l'intérieur ne fait rien." Maintenant, ils disent le contraire, que l'herbe cultivée à l'intérieur est meilleure que l'herbe de l'extérieur, qu'elle est plus forte. La vérité, c'est quelles peuvent être de qualité égale.
Pourquoi es-tu retourné aux Etats Unis?
Je suis resté 10 ans à ne voir que très peu ma famille et aujourd'hui, ils sont majeurs. La raison principale est familiale. Et mis à part le départ de Bush, il y a également le commerce. Mais en premier, deuxième et troisième lieu, c'est pour être avec ma famille. Les autres raisons ne sont pas importantes. S'il n'y avait pas la famille, je serais resté en Espagne que j'aime beaucoup. En outre, je peux apporter mon aide à la crise, les politiques ont besoin d'aide.
As-tu remarqué des changements quand tu es retourné aux Etats Unis?

Tout a changé aux Etats Unis, c'est comme un autre pays. Quand je suis parti d'ici, j'avais très peur et on ne pouvait pas acheter de marijuana légalement, il fallait chercher beaucoup. Quand je suis revenu, c'était devenu possible. J'ai été très ému la première fois que j'ai pu acheter de l'herbe légalement aux Etats Unis. C'est seulement quand j'ai quitté le site que j'ai réalisé et je suis resté sous le choc. 
J'étais là avec le sachet que je venais d'acheter et mon corps a  commencé à trembler d'émotion. C'était illégal pendant toute ma vie et aujourd'hui, ça ne l'est plus. Au début, c'était une sensation très spéciale, comme un monde nouveau. C'était très fort de pouvoir acheter de la marijuana avec un reçu et tout, un reçu que je pouvais ensuite utiliser pour dégrever mes impôts. Acheter cette médecine ici pour la première fois fut une chose très, très émouvante. Rapidement, j'ai pu planter à la maison.
Avant, il y avait une loi qui disait que si on utilisait sa maison pour commettre un acte illégal avec des drogues, la maison pouvait être saisie. Ça faisait très peur à tout le monde. Cette loi n'est plus d'application aujourd'hui. Je peux planter ma médecine sans risquer qu'on me saisisse ma maison. C'est un changement important, mais dans beaucoup d'états, cette loi existe toujours. Ils peuvent saisir la maison et l'argent, piller par le commissariat de police. C'est une folie totale.

Tu as planté ici ces dernières années?
Bien sûr! Je possède une carte pour usage médical, ainsi que ma femme. Dès que nous sommes entrés dans l'état, nous nous sommes sentis mal, une maladie nous était tombée dessus et nous avons dû aller demander la carte pour pouvoir cultiver et acheter notre médicament. Je dois confesser que la première année, j'avais toujours peur de revenir ici. Tu te souviens de ce que je t'ai dit, tu connais les lois, tu sais ce qu'on voit à la télé, tu sais ce qu'on lit dans les journaux, tu sais aussi que tu as la carte mais une fois que tu y es, c'est autre chose, tu as toujours peur.
Beaucoup d'amis ce sont retrouvés en prison et sans maison pour avoir cultiver, ça ne s'oublie pas. Ça m'a pris plusieurs mois avant de me mettre à cultiver, je cherchais toujours des excuses. Je pensais que ça ne passerait jamais, mais c'est passé. Illégal toute ta vie, puis d'un coup, tu peux le faire. C'est pas facile de passer le cap. Pour moi du moins. Une fois que c'est passé, c'est autre chose. Aujourd'hui, je prends grand soin de la marijuana, mais aussi des tomates, toutes sont des plantes. C'est le bon côté, pouvoir cultiver de la marijuana comme n'importe quelle autre plante.
Combien de plantes de marijuana peux-tu cultiver?
Dans la zone où je vis, on peut avoir jusqu'à six plantes par personne. Ma femme et moi pouvons donc cultiver douze plantes.
Le nombre de plantes change pour chaque zone?
Oui, le nombre de plantes n'est pas très clair. La quantité dépend de la zone où tu vis. Dans certains endroits, la carte dit que tu as le droit de cultiver six plantes et dans d'autres, ça peut aller jusqu'à 99. Ça dépend de beaucoup de chose, même eux ne le savent pas. Une des clés est de ne pas dépasser les 99, car si tu dépasses 99, ça devient un délit fédéral et c'est très
dangereux.

Que se passe-t-il sur le marché des Etats Unis?
Comme est-il influencé par la dépénalisation?

Il y a de grandes plantations. C'est très semblable à la Suisse où on cultive également de grands champs et de grandes serres. Sur certains sites, la récolte est énorme et ça nécessite beaucoup de travail pour tout entretenir et récolter à temps. On voit beaucoup de changement dans les prix. Par exemple, deux saisons avant, un demi kilo coûtait entre 3000 et 4000 dollars. Aujourd'hui, un demi kilo coûte entre 2000 et 3000 dollars. Ce n'est sans doute pas le prix le plus bas car il y a des gens qui gardent de l'herbe avant de la vendre pendant six mois ou un an et quand elle va se retrouver sur le marché, le prix va encore baisser.

Est-ce que ça a changé la manière de cultiver?

C'est évident. Avant, on pouvait se faire beaucoup d'argent avec une seule plante mais les choses sont en train de changer. Il y a 2 ans, une plante pouvait rapporter 1000 dollars, aujourd'hui 600 dollars. Mais d'ici à quelques années, une plante ne rapportera plus 200 dollars. Il faut être plus efficace quand on cultive. On ne peut pas dépenser et dépenser pour des produits et des fertilisants, juste pour rire.

J'ai observé les coûts pour produire ces grandes plantes. Au final, ça représente de 20 à 30% du prix final. C'est beaucoup, le coût de production devrait tourner autour des 10%. C'est le changement le plus important à venir. Le changement pour l'extérieur et des plantes plus grandes est très important car avec ce système, on peut récolter des tonnes. Une bonne culture peut donner une tonne d'herbe. Après, il faut bien entendu encore la vendre parce que le voisin peut aussi avoir une tonne, ainsi que l'autre et l'autre aussi. Beaucoup de beuh, qu'allons-nous faire avec tant de beuh? La première chose qui va se passer, c'est qu'elle sera exportée vers là où il y de l'argent. C'est super courant, c'est ce qui se passe sur la plupart des marchés. Le prix va en outre baisser, ça va devenir une bricole.

Il y a des gens qui pensent que c'est injuste, ils voudraient une légalisation plus contrôlée qui maintiendrait un marché plus stable.

Ces gens pensent qu'ils ont conquis leur site de culture. Ils croient avoir beaucoup appris et lutter ces 20 ou 30 dernières années, qu'ils méritent une place, tandis que les "nouveaux", ceux qui sont apparus avec les changements de la lois, ne méritent pas ce qu'on leur a donné.
Prétendre cela est ridicule! Pourquoi est ce qu'ils auraient des "droits spéciaux"?
Beaucoup de gens pensent: "Moi je connais tout ça, j'ai appris tout ça, tout seul, sans l'aide de personne", c'est toujours "moi, moi, moi". L'ego peut rendre aveugle. Nous ne sommes pas personne n'a appris tout seul, personne ne connaît tout, personne n'est dieu. Le marché pur et dur arrive, ceux qui en tiennent compte sont prêts. Les autres, qui parlent, vont continuer à parler. C'est la même chose avec les anciens prix très élevés qu'il faut réduire. Personne neveut baisser les prix mais ils devront le faire. Les choses vont changer rapidement et ceux qui continuent de s'informer vont triompher. Ça va arriver. Ça doit arriver. Avec un marché plus propre, les consommateurs choisiront la meilleure qualité pour le meilleur prix.
Même si tu anticipes un changement vers plus d'efficacité, résumes-nous comment on cultivait en Californie pendant les années où l'herbe était chère, quand les ressources ne manquaient pas.
C'est très intéressant. Ce qu'on faisait, c'est obtenir plusieurs cartes pour cultiver dans une grande ferme. Une grande partie du sol est très mauvaise et pour cultiver, certains faisaient de grands trous très profonds, mais il y a une limite. D'autres ont utilisé des sacs de culture, des pots flexibles qu'on appelle les "smart pots".
Les sacs étaient de 900 litres. Ils achetaient le substrat ou le faisaient eux-mêmes pour remplir ces pots. Rien que le "smart pot" te coûtait 50 dollars et il fallait encore quasi une palette entière de substrat. En Californie, j'ai connu des gens qui dépensaient entre 5000 et 10000 dollars en fertilisants pour leur culture, alors qu'on ne devrait pas payer plus de 1000 à 2000 dollars maximum. Ils vont rapidement reprendre le cours normal dans les fermes, comme le conseille le ministère de l'agriculture.
En outre, il fallait mettre des lampes pour que les plantes ne fleurissent pas car elles allaient à l'extérieur en mars pour être récoltées fin octobre, huit mois en tout. Ils utilisaient des fluorescentes de basse consommation pour interrompre les cycle lumineux et les empêcher d'entrer en floraison. Même si chaque lampe consomme peu, s'il y a 99 plantes, il faut 99 ampoules ainsi que leur câble et le reste de l'équipement. Il faut également installer les tuyaux pour l'irrigation, les gouttes à gouttes, le réservoir et la pompe. L'eau coûte cher aussi. Et comme ça prend du temps pour l'entretien, il faut aussi se payer. Tout ça représente du travail, des coûts et de l'entretien. Il faut bien maîtriser la technique pour rendre les chosesplus faciles et moins chères, et non les compliquer.
Tu vois donc de grands changements dans les manières de cultiver.
Il faut suivre le marché, être réaliste, se rendre compte que c'est le marché qui commande et rien d'autre. Les nouveaux produits sont très bien mais il faut se rendre compte que si on a une grande serre avec des plantes normales, la production ne sera pas très élevée. Les marchés agricoles conventionnels ne sont pas très sophistiqués. Nous, nous disposons d'une overdose de produits. Nous utilisons plus de produits que nécessaires, plus de fertilisants que nécessaires. Beaucoup de gens achètent sans savoir ce que c'est. Il va falloir être beaucoup plus efficaces.
D'après ce que tu dis, tu n'es pas le seul à changer, de nombreux cultivateurs ont abandonné leur crainte.
Bien sûr. Je vais te donner l'exemple d'un ami mexicain, du même âge que moi, un mec super. Avant, pour atteindre sa culture, il fallait monter avec un engin sur deux roues accroché à un câble. Après, pour redescendre, il fallait utiliser une échelle. Aujourd'hui, il vit dans une zonede culture et utilise un bulldozer pour tout aplanir ainsi que de grands sacs de culture. Comme ça, c'est clair.
Dis-nous en plus sur les cultivateurs en extérieur californiens.
Une chose qu'ils font beaucoup, c'est de récolter en plusieurs fois. Ils font deux ou trois coupes sur chaque plante, et certains comme Mr Nice vont jusqu'à quatre. En suivant la croissance de la plante, il la fixe à un filet pour la soutenir.
Normalement, il utilise deux hauteurs de filet. Il commence ainsi par couper les pointes des branches au sommet des filets, ce qui fait déjà un ou deux kilos. Il enlève alors le filet supérieur et attend une ou deux semaines de plus. Ainsi, les têtes reçoivent plus de lumière pour grossir encore plus. Il arrive ainsi à encore récolter un ou deux kilos de plus. Quand il enlève le filet inférieur, il attend à nouveau une semaine avant de couper le dernier kilo.
En général, les cultivateurs gardent ces dernières têtes pour les fumer eux mêmes car ce sont les meilleures, celles qui contiennent le plus de résine. Sur un terrain qui peut donner 55 kilos, en utilisant cette technique, on peut atteindre jusqu'à 90 kilos. C'est-à-dire, 40% de production en plus. Ce n'est pas tellement quand on n'a peu de plantes mais quand on a une grande plantation, cela permet non seulement d'augmenter la récolte de 40% mais aussi d'espacer la récolte. Cette technique est très intéressante pour répartir le travail et augmenter la production.
La baisse des prix va également avoir lieu en Europe?
On voit aujourd'hui en Espagne une surproduction, ce qui va faire baisser un peu le prix mais pas autant qu'aux Etats Unis car la hausse n'a pas été si importante non plus. En Espagne, le haschich a toujours été le prix de référence du marché. Le haschich est bon marché, entre 2 et 6 euros en fonction de la qualité, ce qui maintient le prix de l'herbe assez bas. C'est le mécanisme qui régule ce marché. Les gens en Espagne ont donc toujours cultivé de manière efficace, sans gaspiller avec des produits non nécessaires.
Hier, l'obtenteur de Resin Seeds, Jaime, m'a dit qu'il avait l'impression que ses plantes à haute teneur en CBD sont plus résistantes aux problèmes comme les parasites ou l'oïdium. 
  
Certaines personnes disent également qu'on a surestimé la valeur du CBD, que ce n'est pas si important. Qu'en penses-tu?
On sait que le CBD est utile contre les inflammations, ça a été prouvé. Cela réduit également l'effet enivrant, ce qui est très important pour les usagers médicaux qui n'aiment pas être défoncés. Jaime a fait un travail très intéressant et a des plantes qui contiennent des taux élevés de CBD ainsi qu'une relation 1/1 entre THC et CBD. Ce qu'il dit peut être juste, peu de gens ont observé cela avant. Il faut investir dans les recherches de beaucoup de choses, les étudier toutes. Les gens ne connaissent que peu de chose du THC et encore moins du CBD.Il faut se rapprocher de ceux qui ont l'esprit super ouvert. Avoir des opinions fermées sur le sujet est une erreur.
Figure toi que le Docteur Mechoulam n'a pas isolé le THC avant les années 1970, les récepteurs ont été découverts encore plus tard. En science, c'est comme si c'était hier. Tout ça est très nouveau. Il existe deux sites internet très importants: d'une part, le projet californien www.projectcbd.org et d'autre part, celui de la CBD Crew, www.cbdcrew.org, un projet de Jaime, obtenteur de Resin Seeds, et de Shantibaba, obtenteur de Mr Nice, pour créer des plantes à haute teneur en CBD pour être utilisées à des fins médicales.
Quels sont tes prochains projets?
Faire beaucoup de vidéos. J'ai presque 5 heures de vidéos éditées et je voudrais en avoir 10 heures pour la fin de l'année. La vidéo, c'est le futur. Nous passons de l'extérieur à l'intérieur en permanence, en Espagne et en Californie. Je voudrais avoir plus de 10 heures de film prêtes pour la fin de l'année et je vais présenter ma propre télévision sur www.jorgecervantes.tv. Nous sommes également présents sur Youtube où la vidéo sur les grandes plantes a beaucoup de succès, plus 875 visites par jour en ce moment même. C'est impressionnant de tenir si longtemps avec toujours autant de visites.
Pour la trouver sur Youtube, il suffit de taper "Jorge Cervantes" dans le moteur de recherche.
Il y a plusieurs pays qui sont en-dehors du circuit cannabique pour différentes raisons:
à cause des lois ou simplement parce que ce n'est pas rentable de le faire là bas ni d'y sortir un magazine; mais l'internet est une porte ouverte qui ne peut pas être refermée. Les vidéos sont très faciles à traduire et à comprendre, et de plus en plus de gens ont accès à l'information et commencent à cultiver. C'est imparable.
Ceci est un numéro spécial Extérieur,aurais-tu quelques conseils supplémentaires à donner à ce sujet?
Ceux qui veulent obtenir de grandes plantes en terre doivent commencer avec la germination de graines pour que les plantes aient atteint une bonne taille quand on les met dans les trous. Quand on a fait ça, il faut leur donner de la lumière pour ne pas qu'elles fleurissent pendant le printemps. Il faut préparer la terre à un demi mètre de profondeur. Avant, je pensais qu'il fallait plus mais maintenant, j'ai constaté qu'un demi mètre de profondeur et un mètre delargeur suffisaient.
Tu es membre de plusieurs clubs en Californie, aurais-tu un conseil à donner aux gens qui voudraient monter un club aujourd'hui?

Les lois sont différentes partout, il faut connaître les lois de chaque région et les pousser autant que possible. Mais il faut savoir où on peut pousser même s'il est parfois difficile de déterminer quelles sont les limites.
Il faut aboutir à des jugements coûteux et difficiles pour influencer les négociations politiques et les changements de gouvernement. L'argent est une pièce dans notre camp, il faut pouvoir la bouger. C'est le moment où jamais maintenant, avec la crise, ils n'ont plus d'argent pour nous affronter tous et pour ça, il faut planter plus. J'ai également lancé un recours car j'aimerais pouvoir avoir accès aux clubs espagnols avec ma carte des clubs américains.
Donne un conseil à un cultivateur en extérieur qui va lancer une grande plantation pour un club.
Plus d'eau. Un des problèmes les plus courants, c'est que les plantes ont soif et ont besoin de plus d'eau. Il faut essayer d'automatiser l'arrosage quand le terrain est grand.
Evidemment, il faut recouvrir le sol et parler avec les fermiers voisins. Il faut également surveiller le vent pour ne pas qu'il les déshydrate.
Veux-tu ajouter quelque chose pour terminer notre entretien.
Plantez encore, et encore, et encore. C'est ça qu'il faut faire .

[Source:SoftSecret]




Highlife Cup dans une ambiance orientale


Vendredi 24 juin, le petit village idyllique de Ruigoord, près d'Amsterdam, a été pour la troisième fois le cadre idéal de l'Highlife Cup, où s'est réunie toute la famille du cannabis européen dans une atmosphère inspirée des Mille et Une Nuits. Tout le monde a donné le meilleur de soi-même pour un spectacle fascinant sous le signe du bien-être. Le terrain autour de l'église du village s'est transformé, comme par magie, en campement féérique qu'aurait sans doute envié, en des temps meilleurs, le colonel Ghaddafi.

Les visiteurs venus du monde entier ont été accueillis comme des sultans, des pachas et des grands vizirs, puis accompagnés à l'ombre des tentes où des mets princiers leur ont été offerts. Une tente géante abritait un petit marché d'atmosphère, où les invités ont pu découvrir les produits innovants en course pour les European Product Awards – ou tout simplement se détendre sur un tapis persan après un narguilé ou un vaporisateur. Tandis que les vieilles amitiés renouaient contact et de nouvelles se formaient, la température du Camp Highlife a commencé à monter.

De fines babes en habits sensuels au style arabe tournaient avec de gros pythons qui exploraient, en serpentant, des lieux qui étaient un terrain interdit aux non-reptiles. Des danseuses du ventre élastiques faisaient trembler leur goodies de façon irrésistible. Parmi
toutes ces beautés, deux chameaux passaient, imperturbables. Les visiteurs pouvaient
s'installer entre leurs bosses pour faire un tour sur le 'bateau dans le désert'. Il ne manquait qu'un tapis volant.

Quand la nuit est tombée et que les feux de bois ont été allumés, le moment était enfin
venu : l’heure de la remise des prix !

Efficace

Cette année, pour réduire au maximum l'attente, la course a été divisée en cinq catégories, dans lesquelles chaque secteur pouvait s'inscrire. Il y a donc eu moins de récompenses, mais de cette façon la remise des prix a été beaucoup plus efficace que d'habitude. Cette fois-ci, cinq experts du secteur ont eu l'honneur de juger les innombrables champions.

Même Hans Plomp, habitant du village, a fait partie des privilégiés. D'après 'El Plompo', la qualité a absolument été à la hauteur de celle des années passées. "Dommage que nous n'ayons pas pu donner des quarts de points", plaisante l'hédoniste hardcore avec une bière La Chouffe dans une main et une pipe allumée dans l'autre.

Floraison automatique

La plus grande surprise a été la mention pour un type de graine à floraison automatique, l’Amarant Dwarf d'Amaranta Seedsqui a mis en déroute, dans la catégorie Bio, des graines de succès comme la Blue Cheese et la Chocolope/Skunkberry.

Au classement général, le nain automatique s'est placé en deuxième position. Dans les deux catégories Haze, Amnesia a démontré, sur au moins quatre des six vainqueurs, qu'elle était encore la reine de l’Haze. Dans la catégorie Haze Hydro, le rival de toujours d'Amnesia Silver Haze a soufflé la médaille d'or à King Kong de la Allstar Genetics.

Une excellente opération publicitaire pour le nouveau venu ! Le premier prix dans la catégorie de hashish a été, lui aussi, une surprise : le classique Kashmir Guna Guna de Uden a terrassé les bombes de THC. L’Amnesia du coffeeshop Apeldoorn, 't Bunkertje, a été couronnée vainqueur
des vainqueurs avec l'Highlife Cup 2011, malgré la course en tête à tête avec le numéro deux Amarant Dwarf, qui a obtenu seulement deux points en moins. Autour des feux de bois du camp, on a parlé longtemps en plusieurs langues.

De grandes appréciations ont été également adressées à l'organisateur Discover qui a joué un rôle clé, comme éditeur international, pour réunir toutes les nationalités ou, comme l'a dit un visiteur italien, pour créer les États-Unis des Fumeurs de Cannabis. Cette soirée a sans aucun doute démontré que ce secteur est bien vivant, en Hollande,
mais aussi à l'étranger !

Plante de l'année :
Dans une autre compétition espagnole, organisée par Soft Secrets Espagne, un autre prix a été remis pour la Plante de l'Année. Ce prix a été attribué à la Sweed Seeds avec sa Cream Caramel.

Les organisateurs de l'Highlife Cup remercient l'entreprise Mountain High pour leur très précieuse collaboration !

Résultats Highlife Cup 2011 :

A – Bio :

1) Amaranta Seeds : Amarant Dwarf ( 207 points)
2) Coffeeshop Dizzy Duck (La Haye) : Chocolope /Skunkberry (204,5 points)
3) Coffeeshop Blue Bird (Amsterdam) : Blue Cheese (204 points)

B – Hydro :

1) Coffeeshop Cremers (La Haye) : Northern Lights (202,5 points)
2) Coffeeshop Best Friends (Amsterdam) : Power Plant (199,5 points)
3) Amaranta Seeds : Critical (198,5 points)

D – Haze Bio :

1) Coffeeshop ’t Bunkertje (Apeldoorn) : Amnesia Haze (209 points)
2) Royal Queen Seed Store (Amsterdam) : Amnesia Haze (206 points)
3) Coffeeshop de Pinguin (Arnhem) : Haze (205,5 points)

E – Haze Hydro :

1) Growshop Amaranta : Silver Haze (201 points)
2) Allstar Genetics : King Kong (200,5 points)
3) Coffeeshop Kosbor (Maastricht) : Amnesia Haze (200 points)

F – Hashish :

1) Coffeeshop Guna Guna (Uden) : Kashmir (200 points)
2) Coffeeshop Far Out (Dedemsvaart) : Triple B. (198,5 points)
3) Coffeeshop Jamaica (Nimega) : Good-a-Good (197 points)

Vainqueur Highlife Cup 2011:
Amnesia Haze - Coffeeshop 't Bunkertje d'Apeldoorn (209 points)

[Source:SoftSecret]

Vive la crise: la Grèce dépénalise !

Evidemment, on est en droit de penser que le gouvernement grec, dont le pays est au bord de la banqueroute, a mieux à faire que de s’occuper de drogues. D’un autre côté, on peut aussi penser qu’en ces temps difficiles pour le peuple grec, un petit pétard sans être emmerdé par la police peut aider à faire passer la pilule financière.

Quoi qu’il en soit, le ministre socialiste de la Justice Miltiadis Papaioannou a présenté le 2 août au comité des affaires sociales du Parlement un projet de décriminalisation de l’usage de drogues, à condition qu’il se fasse dans un cadre strictement privé. Un projet qui vient conclure un an de débats lancés par le Premier ministre George Papandreou, par ailleurs membre de la Global commission on drug policy, réunion d’anciens chefs d’Etats et politiques de tous bords demandant un arrêt de la guerre mondiale à la drogue.

La philosophie générale du texte, a déclaré le ministre, est de ne plus considérer les drogués comme des délinquants mais comme des malades. Un projet qui semble s’inspirer de ce qui se fait, avec succès, au Portugal. Pour Miltiadis Papaioannou:

« Nous ne deviendrons pas la Hollande. Mais les toxicomanes ont besoin de traitement pas d’être enfermés en prison. Nous ne voulons toutefois pas non plus envoyer le message qu’il n’y aura plus de sanctions – il y en aura. »

Le secrétaire d’Etat à la Justice Gioros Petalotis a ajouté de son côté:

« Nous ne pouvons pas envoyer les gens en prison pour deux grammes de haschich. » Affirmant que les personnes arrêtées en possession de drogues « seraient désormais considérées comme des délinquants mineurs. Nos prisons sont pleines de détenus pour des délits liés à la drogue. Ce sont des gens qui ont besoin d’aide ».

Le projet n’est pas encore strictement défini, mais à ce stade, la mesure semble devoir s’appliquer à toutes les drogues. Selon Greek Reporter, et le site de Ekathimerini, la possession et la revente de drogues resteraient des infractions, ainsi que la culture de cannabis. Mais s’il n’y a pas d’intention de revente, la possession et la culture ne seraient plus considérées que comme des délits mineurs et non des crimes comme aujourd’hui.

Le projet prévoirait également la mise en place de traitements pour toxicomanes, particulièrement dans les prisons. Les condamnés reconnus comme toxicomanes pour des infractions mineures pourraient également échapper à la prison en acceptant d’aller en cure de désintoxication. Les places dans ces centres devront être multipliées car les listes d’attente sont aujourd’hui interminables.

Une proposition de loi qui serait motivée par deux statistiques récentes: plus de 300 décès seraient liés à l’usage de drogues chaque année en Grèce. Et 40% des détenus le seraient pour des affaires liées à la drogue. C’est peut-être le point sur lequel le projet de décriminalisation rejoint les préoccupations budgétaires de la Grèce.

Vider les prisons de détenus qui ne faisaient de mal qu’à eux-mêmes pourrait en effet permettre de réaliser quelques économies pour le gouvernement. De nombreuses études s’accordent aujourd’hui à dire que le traitement des toxicomanes est beaucoup plus économique que leur enfermement. Un argument régulièrement repris par les adversaires de la guerre à la drogue. Le site Athens News cite ainsi une étude « officielle »selon laquelle le traitement serait dix fois moins coûteux que la prison. Enfin, d’après le mesure Papaioannou, la mesure permettra à la police de se concentrer sur d’autres priorités plus importantes.

Si ce projet est adopté, la France va se trouver de plus en plus isolée au niveau européen dans sa politique de tolérance zéro. La Pologne, qui était l’un des pays les plus répressifs, vient en effet d’adopter des mesuresinvitant les procureurs à ne plus poursuivre les simples consommateurs arrêtés pour la première fois. La France reste donc l’un des tout derniers pays de l’UE, avec la Grèce et la Suède notamment, à prévoir des peines de prison ferme pour la simple consommation de drogues. Avec les résultats que l’on sait: nous sommes l’un des pays d’Europe où les jeunes consomment le plus de cannabis.

Arnaud Aubron

[Source:LesInrocks]