PARIS — Les premières cigarettes anti-incendie, une norme qui doit se généraliser en Europe mi novembre, commencent à être livrées chez les revendeurs de tabac, a-t-on appris mercredi auprès de fabricants et des buralistes français.
Pour ces cigarettes, baptisées "lip" (lower ignition propensity, propension à la combustion réduite), seul le papier change.
Chaque cigarette comporte désormais sur sa longueur deux ou trois anneaux où le papier dispose de moins de micro-perforations. Lorsque la combustion arrive à ces anneaux, le tabac est moins oxygéné, ce qui facilite l'extinction de la cigarette si le consommateur ne fume pas activement.
Ces anneaux permettent d'"arrêter la combustion", agissent comme "des barrières", explique Imperial Tobacco (qui fabrique notamment les marques françaises Gauloise, mais aussi JPS ou encore Fortuna).
Ces cigarettes répondent à une norme voulue par la Commission Européenne soucieuse de voir les cigarettes dotées d?un dispositif novateur qui limiterait les incendies accidentels.
Le goût des cigarettes, leur texture ne changent pas, assurent les fabricants joints par l'AFP. Le papier à rouler n'est pas concerné.
Pourtant en France, la Confédération des buralistes assure avoir eu des remarques de consommateurs qui "s'en rendent compte et posent des questions". Certains jugeant leur cigarette habituelle "différente".
Les fabricants ont jusqu'au 17 novembre pour modifier toutes les cigarettes qu'ils livrent.
Certains comme Imperial Tobacco France ont déjà commencé à fournir exclusivement des lip aux buralistes afin qu'ils puissent avoir épuisé leur stock de cigarettes non lip le 17 novembre.
Cannactus : Je me pose une question sur la toxicité de ce nouveau papier , car si elles s’éteignent plus vite , le papier est forcement plus épais ou d'une autre composition .Les cigarette sont déjà assez toxique comme sa ...
Le télégramme en 2009 :
Un de nos lecteurs, salarié des PDM (Papeteries de Mauduit), nous adresse un courrier à propos du fameux papier Lip (low ignition propensity). «Le traitement du papier à cigarette», écrit-il, «est tel que l'incandescence du tabac n'est plus suffisante pour que la cigarette se consume toute seule jusqu'au bout si le fumeur n'aspire plus de fumée». «Au passage», poursuit-il, «on peut dire que si certains des lobbies qui tentent de faire modifier les lois aux USA et en Europe considèrent les cigarettes Lip (respectant une norme de labo) comme un progrès technique permettant de sauver des vies lors d'incendies déclenchés par des fumeurs négligents ou endormis (feux d'intérieurs sur habillement, literie, fauteuils, canapés etc.), il n'est pas démontré que leur généralisation pourrait avoir un impact si majeur sur la réduction du nombre de feux accidentels». «En effet, l'extinction d'un mégot n'est pas automatique, et la chaleur dégagée par le bout incandescent est entre 600ºC et 900ºC, quel que soit le type de papier utilisé».«Appellation pas vendeuse»
«L'appellation Lip», dit-il, «n'est pas vendeuse en français, nos publicitaires trouveront bien une traduction plus percutante, ce qui pourrait tromper la vigilance du consommateur qui croira être mieux protégé en matière de risque d'incendie.» «L'effet obtenu», poursuit notre lecteur, «pourrait donc être même inverse de l'intention initiale. L'éducation en matière de prévention incendie, ainsi que des règles plus strictes sur l'ininflammabilité des tissus d'habillement ou de mobilier, plus des systèmes de détection et d'extinction domestiques, pourraient plus sûrement réussir à faire diminuer toutes sortes de feux, y compris ceux causés par des mégots de cigarettes». «On comprend mieux pourquoi les législations ont bien du mal à s'uniformiser sur ces bases et que le papier Lip a bien du mal à s'imposer comme une panacée. À Quimperlé, on en parle depuis plus de dix ans, et les nombreux essais même réussis n'ont pas encore modifié les marchés actuels, ni aux États-Unis ni en Europe». «Le pactole attendu dépend non seulement des lois, qui tardent, mais aussi des procédés concurrents qui n'ont pas manqué d'être développés».
«Un atelier intermédiaire»
«Celui breveté par Schweitzer-Mauduit», conclut notre lecteur, «nécessite la construction d'un atelier intermédiaire entre la production de papier de base et le découpage traditionnel en bobines». «La décision de mise en concurrence du site de Quimperlé avec un autre dans un pays de l'Est de l'Europe est plutôt de mauvais augure, et le plan social actuellement en cours ressemble fort à une condamnation définitive résultant d'un choix déjà effectué et non annoncé».
[Source:AFP / letelegramme]