Cannabis Médical : Casser la loi pour sauver des vies

Dans la plupart des pays, l'utilisation du chanvre est interdite même dans un but médical. L'automédication au cannabis a poussé un grand nombre de citoyens généralement respectueux des lois à entrer en conflit avec le système légal.

Savages : Lutte entre hippies et cartels

Dans Savages, le cinéaste américain Oliver Stone met en scène le combat implacable mais encore «hypothétique» entre des néo-hippies californiens et un cartel de la drogue mexicain cherchant à s’implanter de l’autre côté de la frontière.

INTERVIEW DE JORGE CERVANTES, LE GOUROU MONDIAL DU CANNABIS

Soft Secrets interview Jorge Cervantes, un des grands experts mondiaux du cannabis et collaborateur de Soft Secrets.

Cannabis : les bons plants du Colorado

Depuis 2000, cet Etat américain a légalisé l'usage médical du cannabis. De la culture des fleurs au commerce des produits dérivés, les business se multiplient. Une économie très profitable, y compris pour les finances locales.

La France accro à la prohibition

Publication en juin dernier à New York du rapport de la Commission mondiale sur la politique des drogues (Global Commission on Drug Policy) signé par une kyrielle de personnalités de stature mondiale qui constatent l'échec de la guerre à la drogue...

La légalisation des dispensaires demandée

MONTRÉAL - Les dispensaires de marijuana à des fins médicales devraient faire partie intégrante d’une nouvelle réglementation sur le cannabis thérapeutique. C’est la recommandation qu’ont faite deux intervenants montréalais convoqués aux consultations de Santé Canada qui revoit son programme d’accès.

Une fois l’activité des dispensaires ainsi légalisée, des démarches auprès des médecins pour les encourager à prescrire en plus grand nombre la marijuana pourraient être amorcées, suggère Adam Greenblatt, directeur de la Société pour l’accès au cannabis médical.

«Nous avons l’expertise et une bonne réputation parmi les patients, affirme Marc-Boris St-Maurice, directeur du centre compassion de Montréal. Le grand nombre de patients qui s’approvisionne chez nous témoigne de la qualité du service et du produit qu’on offre.»

Il ajoute que «les médecins ne veulent pas signer les prescriptions de marijuana».

«Le problème est que beaucoup de médecins ne connaissent pas les effets de cette drogue sur le corps», croit le docteur Mark Ware, chercheur de l’unité de gestion de la douleur du Centre de santé universitaire McGill. Les essais cliniques qui pourraient démontrer sans aucun doute l’efficacité et la sécurité de l’utilisation de la marijuana restent à faire, précise-t-il.

Par ailleurs, l’ébauche du nouveau règlement interdit de cultiver soi-même la plante, ce que les détenteurs de permis sont à même de faire pour l’instant. Le ministère prévoit plutôt en confier la production et la distribution à des producteurs privés.

Ce qui inquiète M. St-Maurice. «Faire pousser la marijuana chez soi, c’est moins cher pour les patients et la qualité du produit qu’offre Santé Canada n’est pas à la hauteur», soutient-il.

La réglementation est revue, car «le gouvernement craint que le programme actuel suscite des abus et de l’exploitation par des éléments criminels», a fait savoir Santé Canada.

[Source:Canoë.ca]

Une bonne dose de Weeds, n°5


Quel dommage que l’argent facile ne soit jamais légal. Nancy Botwin réouvre son petit trafic de cannabis pour une cinquième saison haute en couleurs et sans effets indésirables. A regarder l’esprit clair dès aujourd’hui 17 août en coffret DVD.

Cette nouvelle saison débarque 1 mois après la fin de sa diffusion sur Canal +, pour le plus grand bonheur de celles et ceux qui étaient déjà en manque. Pour ces 13 épisodes, Jennifer Jason Leigh rejoint le casting dans le rôle de la sœur de Nancy. Et si avec tout cela, vous n’aviez pas encore succombé à l’appel de Weeds, un coffret réunissant les 5 premières saisons se retrouvera chez tous les dealeurs le 19 octobre.

En attendant, les 3 DVD de cette saison 5 seront enivrés de bonus dont la recette se compose de 4 documentaires, de commentaires audio, d’un bétisier et des 12 webisodes "L'Université selon Andy
". Le reste est classique avec une image 16/9e compatible 4/3, des bandes sons 2.0 française et 5.1 anglaise ainsi que leurs sous-titres. Bonne soirée !

[Source:DvDserie]

Cannabis : faut-il changer de politique ?

Légaliser et taxer le cannabis comme le tabac. Face à la croissance du trafic de drogue, l’idée fait son chemin chez certains hommes politiques et partisans de la dépénalisation du cannabis. 3,9 millions de consommateurs réguliers, 550 000 chaque jour, la drogue illicite la plus connue de France peut-elle passer sous le giron de l’Etat ? Le débat fait rage, interpelle les politiques et met en question l’impuissance de la prohibition. Deux associations nous éclairent sur la voie de la légalisation contrôlée du cannabis.

Pierre Kopp lance le pavé dans la marre. L’idée serait d’instaurer une taxe afin de dégager des fonds pour la prévention et de mieux réguler la consommation. Selon l’économiste, 1 milliard d’euros pourrait remplir les caisses de l’Etat via une filière nationale de vente du haschich. Pas très moral tout ça s’insurgent les députés du Centre, du PS (Manuel Valls) et de l’UMP. Mais c’est bien là tout le problème s’exclament les défenseurs pour une légalisation contrôlée. L’arme répressive, sous couvert de la lutte morale contre les drogues, est jugée inefficace : 3,9 millions consomment du cannabis chaque année malgré l’interdiction de la loi.

« Et pourquoi pas légaliser la prostitution, l’héroïne ou la cocaïne pendant qu’on y est ? » Comme ça c’est clair pour le secrétaire d’Etat Benoist Apparu, remplir les caisses de Bercy n’est pas une fin en soi. L’enjeu reste avant tout celui de la santé publique. Et aussi celui de la sécurité pour le socialiste Daniel Vaillant. Car la prohibition profite aux dealers et à l’économie parallèle. Bref les trafiquants trafiquent et les consommateurs consomment. Alors que faire ? Le cannabis nuit à la santé, mais reste une drogue agréable selon les usagers. Et si la solution était la régulation de la consommation par la tolérance ?

Cannabis, l’analyse de Jean-Piere Galland

Fondateur du collectif d’information et de recherche cannabique ( CIRC ), Jean-Pierre Galland croit en la légalisation contrôlée. « Les politiques prennent la main sur le débat du cannabis. C’est encore un sujet tabou, mais ils comprennent que l’usage du haschich est largement répandu dans tous les milieux sociaux. Vous avez 550 000 fumeurs réguliers par jour, des quadras, des cadres, des employés et pas seulement des jeunes étudiants. Beaucoup expérimentent le cannabis car il comporte moins d’effets secondaires comparé à l’alcool, et c’est moins dangereux pour la santé. Vous pouvez avoir une dépendance psychique, mais pas de dépendance physique contrairement à l’alcool. »

C’est quoi une bonne politique de prévention ? « Une bonne prévention des drogues doit jouer sur la responsabilité des usagers, parler d’usage doux ou dur et non pas de drogue dure ou douce. Il faut arrêter de stigmatiser et de mettre à la marge les fumeurs de cannabis. Non, on ne devient pas schizophrène en fumant du haschich. La pénalisation des consommateurs (80 000 interpellations/an) ne résout pas le problème. Se retrouver avec un casier judiciaire pour avoir fumé 4, 5 joints et galérer après sur le marché du travail, c’est ce que j’appelle un cercle vicieux. »

La personnalité de la semaine : Fabrice Olivet, directeur de l’association Auto-support des usagers de drogues

« Le cannabis est une vraie drogue qui peut être dommageable pour la santé psychologique. Notre objectif (Association ASUD) n’est pas de faire la promotion des drogues, mais d’informer les publics, éduquer les usagers sur les bonnes pratiques, voir d’éloigner les plus vulnérables de l’usage de ces produits. Il est urgent de sortir de l’impasse de la pénalisation et de la vision moraliste sur le cannabis car au final la prohibition a favorisé l’économie parallèle et miné certains quartiers. Le tout répressif ne fonctionne pas. Pour preuve, le cannabis, c’est la drogue illicite la plus socialisée en France. »

L’écogeste : le chanvre contre les matériaux de construction polluants et toxiques

Une plante qui peut faire beaucoup de bien. Eh oui, le chanvre n’est pas seulement connu pour ses propriétés psychotropes (cannabis). Après la récolte, le broyage, le tamisage, le calibrage et le conditionnement, ouf, vous êtes paré pour le chanvre version matériau de constructionécologique. Enduits, fabrication de murs, dalles de béton, isolation des combles ou des cloisons (mélange chaux et chenevotte), ce composite végétal oublié possède des qualités thermiques et acoustiques. Les rabat-joies diront que les filières bio-matériaux restent encore à développer. Mais pour les optimistes de nature, professionnels du bâtiment, bricoleurs en herbe, ce peut-être un bon moyen de changer les mauvaises habitudes (laines de verre).

[Source:Durable]

Wiz Khalifa invite ses fan a fumer lors de ces concerts !

Wiz Khalifa a dévoilé son nouveau clip intitulé No Sleep, le titre est extrait de son album Rolling Papers, disponible dans les bacs depuis le mois de mars dernier.

Pour cette nouvelle vidéo, on retrouve le rappeur de Pittsburgh au bras de sa copine actuelle Amber Rose, qui occupe la place d'honneur dans la limousine qui les emmène faire la fête.

Outre ce nouveau clip, Wiz Khalifa est au coeur de l'actualité pour tout autre chose! Le rappeur vient d'affirmer qu'il aimerait que ses fans fument du cannabis lors de ses spectacles! Il a déclaré: "Tout le monde devrait fumer de l'herbe", puis il s'est expliqué: " Quand les lieux sont inappropriés, ok nous l'acceptons, nous les respectons et les fans aussi, mais lorsque le lieu est convivial et que cela s'y prête, je ne pense pas que ce soit mal, ça aide juste les gens à se détendre, et puis lorsque vous interdisez aux gens de faire quelque chose, ils trouvent toujours le moyen d'y parvenir". Il a conclu: " la drogue fait partie intégrante de mon mode de vie, et beaucoup de mes fans le comprennent, y compris les médecins."

Le rappeur confirme ainsi son amour pour les substances illicites, il a d'ailleurs écrit de nombreux textes à ce sujet, et a même intitulé son dernier album Rolling Papers, littéralement "papier à rouler"! Que pensez-vous des déclarations de Wiz Khalifa?

Regardez le nouveau clip de Wiz Khalifa
intitulé No Sleep.


[Source:Greatsong]

Santé infantile

Étude sur l’état de santé des enfants élevés par des producteurs de drogue .

Une étude révèle que la majorité des enfants élevés par leurs parents dans des lieux de production de drogue sont malgré tout en meilleure santé que s’ils étaient placés en foyers d’accueil.

Cette recherche, dont les résultats ont été publiés dans la revue scientifique The Journal of Pediatrics, indique que la plupart des jeunes retirés de leur foyer parce que leurs parents y produisaient de la drogue étaient en bonne santé, ne consommaient pas de drogue et fréquentaient l’école.

De façon générale, ils présentaient moins de problèmes de santé que la moyenne de la population canadienne.

L’étude a analysé l’état de santé de 75 enfants issus de la région de York en Ontario, leur âge variait de deux mois à 15 ans.

Dans près de 80% des foyers examinés, on faisait pousser de la marijuana ou encore on a saisi d’importantes quantités de drogue. Dans les autres foyers, on produisait ou l’on stockait des amphétamines, de la cocaïne, de l’héroïne, etc.

«Cette étude est très éclairante dans la mesure où elle nous permet de savoir que de tels environnements n’ont malgré tout pas d’effet durable sur les enfants qui y vivaient», a souligné le chef de la police régionale de York, Bruce Herridge.

Sur la base de ces conclusions, l’auteur principal de cette recherche, le Dr Gideon Koren indique que le placement de ces enfants en foyers d’accueil ne devrait pas être décidé de façon systématique. «La décision devrait être prise au cas par cas», a-t-il dit.

[Source:Canoé.ca]

Une plantation de plus de 2.000 plants de cannabis démantelée à Oplinter

Une plantation de 2.216 plants de cannabis a été découverte et démantelée, lundi après-midi, à Oplinter, une commune proche de Tirlemont, a indiqué mardi le parquet de Louvain. Onze suspects, tous originaires des Pays-Bas, ont été interpellés. Ils nient avoir un lien avec la plantation. Le parquet a requis leur placement sous mandat d'arrêt. Le juge d'instruction se prononcera mardi soir.

Des voisins ont aperçu vers 17h45 plusieurs personnes descendre d'une camionnette et ont appelé la police, trouvant les agissements suspects. Les agents arrivés sur place ont immédiatement senti une forte odeur de cannabis. Ils ont découvert deux pièces, dans une remise située à l'arrière de l'habitation, remplies de plants de cannabis. La plantation, professionnelle, recensait au total 2.216 plants.

8 Néerlandais arrêtés

Les huit personnes présentes dans l'habitation, cinq femmes entre 20 et 48 ans et trois hommes entre 49 et 60 ans, ont été appréhendées. Elles semblent toutes êtres originaires des Pays-Bas. Sur base de leurs déclarations, la police a intercepté un peu plus tard trois autres suspects, également des Néerlandais. Une plantation professionnelle de cannabis a également été démantelée, vendredi, à Okselaar (Montaigu-Sichem). On ignore s'il y a un lien entre les deux plantations. La police judiciaire fédérale de Louvain mène l'enquête.

[Source:Rtl.be]

Hash Marihuana & Hemp Museum


Le Musée du haschich, de la marijuana et du cannabis
Oudezijds Achterburgwal 130 (020-6235961)

Vous êtes venus goûter aux effluves qui s’échappent des Coffee shops d'Amsterdam ? Pourquoi ne pas en profiter pour en savoir un peu plus cette drogue douce, dont l’usage remonte à la nuit du temps. Certains historiens affirment que Jésus lui-même en était un consommateur régulier.

Au coeur du Red Light District à Amsterdam, ce musée tout à fait insolite retrace l’histoire du cannabis à travers les millénaires et présente ses diverses utilisations contemporaines ; tissus, plantes, papier, médecine, industrie. Ses collections s’attardent aussi sur sa production, ses diverses variétés et son utilisation à travers le monde.

Les réticents doivent le savoir, le musée plaide contre la diabolisation du cannabis et si il vous a donné l’envie d’essayer, un Coffee shop se trouve à quelques pas de là...

Sur le web :

Hashmuseum.com
Site officiel du « Hash Marihuana and Hemp Museum », Musée du haschich, de la marijuana et du cannabis

[Source:Chocolat.tv]

Le musée du fumeur, entre rites et culture

Cette semaine nous vous embarquons au Musée du Fumeur. Balayez vos idées reçues, cet endroit n'est pas un culte au cannabis. En revanche, il vous initiera, pièces et plantes à l'appui, à l'histoire du fumeur et l'introduction de cette pratique en Europe.

Ouvert il y a maintenant plus de 10 ans, le Musée du Fumeur était tout d'abord un café doublé d'une librairie mais également un lieu de dégustation de cigares. Encore avant cela, le 7 rue Pache était une boucherie. S'il a fait du chemin depuis tout ce temps, une chose est sûre c'est qu'il est aujourd'hui un musée à part entière. On apprend d'ailleurs bien vite que la fumée a quelque chose de sacré, une dimension chamanique commune aux Indiens et aux Hindous. C'est donc avant toute chose, un rituel spirituel.

Le parcours organisé en 26 points de A à Z revient donc sur les origines de l'acte lui-même : fumer. Outre le tabac, on retrouve également l'évolution de l'utilisation de l'encens, du chanvre ou de l'opium. Leurs vertus psychotropes et leur place au sein des sociétés sont représentées par des lithographies, des gravures ou des publicités... Le cabinet des photographies regroupe également 180 portraits de personnalité en train de fumer : Audrey Hepburn, Brigitte Bardot, Hitchcock, Che Guevara, Gainsbourg... Deux autres espaces, la Galerie et les peintures sur tabac, proposent l'un, une exposition temporaire, actuellement dédiée à des caricatures de fumeurs, le second, le travail de Fréderic Degain, sur des feuilles entières ou recomposées, hommage à la culture Maya.

Ce petit musée, insolite et ludique à la fois, n'est pas une incitation à fumer mais bel et bien une explication de l'évolution de cette pratique en France en particulier. Le Musée du fumeur se prépare d'ailleurs à une seconde jeunesse, puisqu'il devrait à la rentrée proposer de nouvelles activités en revenant à ses premières amours, la dégustation.

par Mélanie B..

[Source:Sortiraparis]

Le hasch fait du pétard !

Thierry est fumasse : à 45 ans, cet honnête professeur des écoles ne voulait plus dépendre du « copain d'un copain » pour avoir un peu d'herbe à fumer le week-end. Donc, il en a planté dans un coin discret du jardin, et pour la première fois, la récolte s'annonçait superbe cette année. Mais on lui a volé tous ses pieds. Il a dû rappeler le copain du copain… Cet Aveyronnais fait partie des 1,2 à 4 millions d'adeptes de la fumette en France, qui figure avec 550000 fumeurs quotidiens, parmi les premiers pays consommateurs de haschich en Europe. 13,4 millions des adultes français en ont consommé au cours de leur vie.

UN OFFICE DU CANNABIS ?

Le chiffre d'affaires occulte du trafic de cette drogue dite douce (bien que le principe actif, le THC, ait parfois une puissance redoutable) est évalué entre 700 millions et un milliard d'€ par an en France. Face au trafic, aux troubles et à la violence qu'il génère, des élus se prononcent ouvertement pour la légalisation contrôlée du cannabis. À la tête du mouvement, l'ancien ministre de l'Intérieur de Lionel Jospin, le socialiste Daniel Vaillant, imagine même un office du cannabis qui réglementerait la qualité naturelle de la production et sa vente (lire ci-contre). Mais il se défend de faire de sa proposition une mesure de campagne électorale : « Si la gauche est élue, je préconise un débat public sous la houlette d'une personnalité qui rendra un rapport au parlement au bout d'un an, en vue de faire bouger la loi. » Mais Daniel Vaillant est loin de faire l'unanimité au parti socialiste où, par exemple, Ségolène Royal est défavorable à toute légalisation.

L'AUTOPRODUCTION

D'ici là, les pieds auront poussé, en cachette, dans les placards des appartements. L'autoproduction, nouvelle tendance, se propage à la vitesse de l'internet. Claudie, propriétaire à Toulouse, a récupéré son studio loué à des étudiants « imprégné d'une odeur qui ne laisse aucun doute ».

À partir de graines, à faire germer comme des haricots (entre deux feuilles de papier absorbant et de l'eau tiède), la pousse de pieds généreux est espérée. Les autoproducteurs trouvent dans le commerce et en particulier sur internet tout le matériel et les engrais pour faire pousser une plante, d'autant plus généreuse qu'elle est poussée à la lumière artificielle prolongée qui « plombe » la facture d'électricité.

Pour se procurer les semences interdites en France, certains se rendent à la frontière espagnole, au Perthus (lire ci-dessous) où elles sont vendues au grand jour, avec le kit du parfait jardinier (serre, arrosage, éclairage, etc.), le tout assorti de (bons) conseils horticoles !


Le dernier été des « coffee shops » de Maastricht

Interdit, toléré ou dépénalisé, les pays d'Europe n'appliquent pas tous la même règle en matière de cannabis (voir infographie). Les Pays-Bas, qui le tolèrent « sous réserve », constituaient une destination très connue des fumeurs de H pour les 670 coffee shops dans lesquels on peut fumer des joints. Or le pays veut restreindre le tourisme de la drogue et ses nuisances. Ainsi, la ville de Maastricht, interdira à partir d'octobre l'accès à ces coffee shops aux ressortissants français, espagnols, italiens ou luxembourgeois. Les seuls clients autorisés seront les Hollandais, Belges et Allemands. Quant au gouvernement néerlandais, il planche sur l'introduction d'une « carte cannabis » réservée à ses ressortissants pour pouvoir entrer dans un coffee shops.

Sans faire de battage touristique, le Portugal (comme l'Italie) a dépénalisé la consommation personnelle de produits stupéfiants, en autorisant le consommateur à avoir des doses inférieures à ses besoins pendant 10 jours. En Grande-Bretagne, où le cannabis est illégal, les arrestations ne sont préconisées que lorsque le consommateur fume en public ou en présence de mineurs. En France, dont le modèle serait selon certains le plus répressif d'Europe, les simples consommateurs sont rarement sanctionnés, à l'inverse des revendeurs. Ainsi, hier, au tribunal de Toulouse, un homme de 37 ans arrêté jeudi en possession de 250 g de cannabis et 1 700 € en espèces a été condamné à 6 mois de prison ferme. Quant à la production, même pour usage personnel, elle est passible d'une peine maximale de 20 ans de prison et d'une amende jusqu'à 7,5 millions d'€, sanction réservée aux quantités industrielles.


Le chiffre : 13

euros > Les cinq graines. C'est le prix minimum constaté pour un tube de semences de cannabis vendu en Espagne. Il peut grimper jusqu'à 70€.


interview

« On le vendrait au bureau de tabac »

Ancien ministre de l'Intérieur, vous proposez de légaliser le cannabis ?

Oui, je propose une légalisation contrôlée, et j'ai rendu un rapport en ce sens à Martine Aubry pour que si la gauche est élue en 2012, elle puisse étudier une nouvelle réponse aux problèmes du trafic et de l'économie parallèle du cannabis. Il ne s'agit pas d'un droit supplémentaire, mais de prendre en compte le fait que 4 millions de Français fument du haschich occasionnellement. Également de mettre en place l'utilisation antidouleur du cannabis réclamée par le corps médical.

Un économiste, Pierre Kopp, estime que la répression contre le cannabis coûte 300 millions d'€ par an, alors que sa vente contrôlée pourrait rapporter près d'un milliard…

Je suis de son avis, la répression coûte cher à l'État et ce n'est pas rien dans les périodes de disette. En 2009, 140 000 cas sont passés devant la justice en se soldant à 80 % par de simples rappels à la loi, les policiers et les magistrats ont autre chose à faire. Quant à l'argent d'une filière contrôlée, il pourrait servir à la prévention et à la recherche.

Ce serait l'État dealer ?

Il existe deux drogues licites en France, l'alcool et le tabac, sur lesquels l'État ponctionne de l'argent. On peut ne pas le faire sur le cannabis.

On achèterait le cannabis dans les bureaux de tabac ?

Pourquoi pas ? En imaginant qu'ils aient une licence exprès et qu'ils gardent les produits sous clé, on pourrait y acheter du cannabis labellisé, avec des principes actifs de THC inférieurs à 8 %… Un office du cannabis organiserait la production d'une herbe naturelle, non transgénique et sans adjuvants, poussée au grand air, admettons sur 50 000 hectares en France. L'office passerait aussi des conventions avec les pays producteurs comme le Maroc.

Tout le monde pourrait en acheter ?

Non, comme pour le tabac ou l'alcool, les mineurs ne pourraient pas en acheter. Mais je ne vais pas être hypocrite, je sais qu'ils pourront en consommer. Recueilli par P. M.


reportage

Dans les rues du Perthus, les petites jardineries du cannabis

Le bouchon qui vous emprisonne à la sortie 43 de l'autoroute A9, au sud de Perpignan, n'a rien à voir avec la route de la plage. Il mène en quelques virages interminables au Perthus, petite ville commerçante sur la frontière franco-espagnole. Toulousains et tous les vacanciers de la région viennent y faire le plein d'alcool, de cigarettes et de parfums à prix détaxés.

Un commerce jusqu'alors discret complète l'offre : celui des graines de cannabis. Le dernier né, Nova Store, ouvert il y a neuf mois, a remplacé un magasin de chemises Lacoste. Il présente dans ses vitrines des narguilés (« chicha »), du matériel et des gadgets liés à la fumette. Mais le plus important est derrière le grand comptoir tenu par un jeune vendeur souriant : quatre frigos blancs contenant des milliers de graines de cannabis en barquettes de couleur. Car si la production est, comme en France, interdite en Espagne, la vente de graines y est autorisée, assortie de cet avertissement hypocrite : « Il est interdit de faire germer ces graines. »

PARFUM AGRUMES OU SANTAL

En face, la boutique Maria Grow, pionnière de l'activité depuis 14 ans, est une supérette du cannabis : sacs de terreau sur lesquels on est prié de ne pas s'asseoir, engrais liquides en flacons à l'effigie de la feuille dentelée, pots plastiques, et plantations de basilic géant dans une armoire réfléchissante. C'est un « box » de culture indoor (de 300 à 440 €), avec éclairage 600 watts, filtre à charbon, thermo-hygromètre, extracteur et gaine alu. Trois vendeurs vous accueillent en français ou en espagnol : Julien, diplômé en horticulture, voit passer « toute sortes de clients, du marginal au cadre sup, ça va de 18 ans à plus de 40 ans, des gens qui se lancent et d'autres qui pratiquent déjà l'autoproduction. »

C'est le cas de José et Patrick, deux copains toulousains d'une trentaine d'années, qui s'approchent du comptoir. Julien leur déplie un gros classeur où sont répertoriées toutes les graines en vente. « Si ça pousse bien ? Comme de l'ortie ! », nous répond José en riant. Ils ont fait leur choix et on s'attend à ce que le vendeur ouvre la porte à digicode située au fond du magasin. Mais c'est tout bêtement d'un frigo qu'il sort les graines, alignées en petits tubes transparents fixés sur des disques de carton fluo (la porte à digicode, c'est pour les toilettes du personnel !). Montant du shopping de José et Patrick : 53€ pour une dizaine de graines. Il leur restera assez pour s'arrêter à la parfumerie avant de retrouver la voiture, sur le parking à 3€ tout en haut du village…

« Sur près de 5000 variétés cannabiques, estime Julien, nous avons 450 types de graines, provenant de pays qui ont le droit de produire, les Pays-Bas et certains Etats d'Amérique et du Canada, en tout il y a une quinzaine de marques… Et aujourd'hui, avec les croisements, on trouve tous les parfums, agrumes, citron et pamplemousse, bois de santal, épices. » Leurs noms sont évocateurs : « Monster », « Papa's candy », « White widow », « Jamaïcan dream ».

SATISFAIT OU ÉCHANGÉ

Quant à l'effet produit, il y a deux grandes familles de semences, « indica » et « sativa » : les premières sont relaxantes, « celles qui poussent à la sieste, c'est celles que les médecins conseillent aux gens qui souffrent » ; les deuxièmes sont stimulantes, « plutôt pour le fou-rire ». « C'est important de savoir ce qu'on va fumer, de pas être à la merci des produits coupés des revendeurs. » Et si ça ne marche pas ? « On vous remplace les graines ! ». Devant ces semences interdites, les douaniers seront beaucoup moins accomodants.

P.M.

[Source:Ladepeche]