Cannabis Médical : Casser la loi pour sauver des vies

Dans la plupart des pays, l'utilisation du chanvre est interdite même dans un but médical. L'automédication au cannabis a poussé un grand nombre de citoyens généralement respectueux des lois à entrer en conflit avec le système légal.

Savages : Lutte entre hippies et cartels

Dans Savages, le cinéaste américain Oliver Stone met en scène le combat implacable mais encore «hypothétique» entre des néo-hippies californiens et un cartel de la drogue mexicain cherchant à s’implanter de l’autre côté de la frontière.

INTERVIEW DE JORGE CERVANTES, LE GOUROU MONDIAL DU CANNABIS

Soft Secrets interview Jorge Cervantes, un des grands experts mondiaux du cannabis et collaborateur de Soft Secrets.

Cannabis : les bons plants du Colorado

Depuis 2000, cet Etat américain a légalisé l'usage médical du cannabis. De la culture des fleurs au commerce des produits dérivés, les business se multiplient. Une économie très profitable, y compris pour les finances locales.

La France accro à la prohibition

Publication en juin dernier à New York du rapport de la Commission mondiale sur la politique des drogues (Global Commission on Drug Policy) signé par une kyrielle de personnalités de stature mondiale qui constatent l'échec de la guerre à la drogue...

Cannabis : Bulletin Encod n°83 sur les politiques des drogues en Europe

JANVIER 2012
LE CANNABIS MÉDICINAL EN ISRAËL

Israël a mis en place un programme national unique pour le cannabis médicinal concernant 7500 patients autorisés à acheter 30 grammes de cannabis de type médicinal ( MGC Medical Grade Cannabis) par mois à 8 fournisseurs conventionnés. L’évolution du programme depuis le "-Quoi ? De la marijuana pour des malades ? Vous êtes fous !" à la position actuelle du "Regarde comme la vie des patients est en train de se transformer" a été et continue d’être un combat d’activiste sur le fil du rasoir qui se transforme désormais en un grand programme national. Sur ce chemin nous avons dû éduquer les acteurs impliqués, formuler un "modus operandi" en constante évolution et protéger ce programme fragile d’attaques constantes de malveillants. L’histoire moderne du Cannabis Médicinal en Israël commence il y a 16 ans, mais ses racines sont implantées dans des cultures et pharmacopées locales et internationales anciennes.

En 1995 j’ai participé (avec Shlomi Sandak), en tant que représentant civil au "Comité d’examen du statut légal du cannabis". Le comité fut nommé par le Directeur du Comité des Drogues du Parlement, Raphaël Eitan, réputé pour sa dureté et sa rigidité. À mon avis, le résultat était prédéterminé et le comité ne fut rien de plus qu’une manoeuvre pour calmer la pression croissante que nous avions générée au travers de manifestations et de présence dans les médias.
Le comité fit deux recommandations :

1) Ne pas changer le statut légal du cannabis et continuer la criminalisation des consommateurs de cannabis.

2) Permettre et réguler l’accès au Cannabis Médicinal pour des patients gravement atteints.

La seconde recommandation a été très importante et extrêmement positive. Elle a permis l’apparition sur le marché d’une pilule approuvée par la FDA (Marinol ou Dronabinol) dont l’étude très large aux États-Unis a montré que le THC est bénéfique pour deux indications majeures : - la réduction des nausées et des vomissements dus à la chimiothérapie d’une part et l’augmentation de l’appétit d’autre part. Par la suite il s’est avéré nécessaire de fournir aux patients un accès aux fleurs de cannabis et non aux pilules qu’ils n’appréciaient pas à cause de leur coût, de l’effet retardé et de leur niveau de psycho-activité.

Le 1er novembre 1999 le Ministère de la Santé a mis en place un comité dont la tâche serait " d’établir des normes pour la consommation médicinale de cannabis". Initialement le ministère avait autorisé les malades à cultiver 5-6 plantes mais on a vu rapidement que beaucoup de malades étaient trop atteints pour cultiver et s’occuper des plantes.

Le temps s’écoulait lentement au Ministère de la Santé (MDS). Les patients qui souhaitaient mettre en application ce projet devaient présenter une recommandation de spécialiste le concernant et beaucoup de médecins ont refusé de faire ces recommandations. Plus les patients se rapprochaient du ministère plus nombreux étaient les refus et le programme fut presque arrêté. La décision finale d’approbation des demandes était entre les mains d’un seul homme, le vice-directeur du MDS.

L’infame Convention des Drogues de 1961 stipule que pour la consommation de drogues illicites comme le cannabis pour des raisons médicales, le pays signataire doit mettre en place une agence spéciale ayant le monopole de la régulation de tous les aspects de la consommation médicinale d’une drogue illégale, soit la production, la distribution, l’importation et exportation etc… C’est seulement en 2003 que le gouvernement hollandais qui a mis en place légalement "l’Agence" et la sélection de cultivateurs l’a rendue possible.

Ce n’est pas avant 2007 que le MDS a accordé (pour un cultivateur en bonne santé et sans antécédents judiciaires) une licence pour cultiver 50 plantes à condition d’approvisionner des patients en Cannabis Médicinal sans être payé. Le cultivateur a commencé la culture du CM sur la propriété de ses parents en Galilée et sa mère, professeur de biologie, était la gardienne du jardin. Au début il distribuait le cannabis dans son appartement au rez-de-chaussée d’un immeuble de Tel Aviv. Le MDS a ensuite dispensé des licences à 17 autres cultivateurs. Certains n’ont jamais pu fonctionner à cause de l’investissement demandé, et aujourd’hui seulement 8 cultivateurs sérieux continuent.

La libre distribution a été possible sur un temps assez court mais le modèle de "distribution gratuite" n’a pas pu continuer compte tenu que la production de Cannabis Médicinal biologique et standardisé coûte très cher. Des dons pour maintenir ces cultures ont été nécessaires.

Après 18 mois de "Cannabis gratuit pour les patients" le MDS a autorisé les cultivateurs a recevoir 100 dollars pour environ 40 grammes par mois. Cette quantité a ensuite été réduite à 30 grammes à cause de l’inquiétude de voir ce cannabis médicinal dériver vers le marché noir. Petit à petit le nombre de patients a augmenté, les expériences personnelles et les rapports dans les médias ont diffusé le message sur les multiples bénéfices du CM. En 2009 le MDS nous a autorisé à ouvrir un centre de distribution. Un groupe de volontaires a commencé a distribuer le cannabis dans une salle de 16 mètres carrés.

Alors que le cannabis et la formation étaient gratuits, les clients achetaient du papier, des machines à rouler et des vaporisateurs. Dans leur majorité, consommer du cannabis fut une expérience complètement nouvelle. Nous leur avons appris à rouler des joints, inhaler et exhaler, comment ne pas se brûler la gorge et quels sont les effets collatéraux. Nous leur avons fait connaître différentes variétés pour qu’ils trouvent celles qui correspondent le mieux à leurs symptômes. On distribuait aussi des biscuits et de l’huile pour usage sublingual pour ceux qui ne peuvent pas fumer. Beaucoup de patients ont été très reconnaissants pour le changement occasionné dans leur vie par le cannabis.
L’État pour sa part essaie d’avancer sur la régulation du programme depuis son expansion très rapide. L’autorité de contrôle des drogues a reçu un mandat du MDS pour lancer un appel d’offre et mettre en place des directives pour la sélection de cultivateurs, de qualité et de prix. Ce mouvement a été bloqué par les cultivateurs qui ont lancé une procédure argumentant qu’en accord avec les Conventions de l’ONU, la seule institution qui a autorité pour réguler la consommation médicinale de drogues interdites c’est une "agence spéciale" qui n’avait pas encore été mise en place par le gouvernement à ce moment.

Il y a quelques mois, le gouvernement israélien a pris une décision historique pour former et financer officiellement cette "agence super-ministérielle spéciale" constituée de représentants du MDS, de la police, du Ministère de l’Agriculture, de l’Autorité de Contrôle des Drogues et du Ministère de l’Intérieur. Cette agenda du gouvernement a le monopole pour réguler tous les aspects du programme du Cannabis Médicinal y compris de publier des appels d’offres concernant les cultivateurs, la distribution, l’importation et l’exportation. On suppose que cela commencera dans le courant de l’année 2012.

Par Boaz Wachtel

Source:ENCOD

Médecine : Comment la graine de chanvre peut soigner l’arthrite

L’arthrite: comment expliquer cette maladie.

Il y a un problème énorme qui existe aujourd’hui avec un nombre important de personnes souffrant de l’arthrite sous ses nombreuses formes. Il est dit que bien plus de la moitié de la population française de plus de 60 ans souffrirait de polyarthrite rhumatoïde.
L’arthrite est difficile à définir. On peut dire simplement que c’est une forme d’inflammation que la médecine courante semble incapable à définir précisément.
L’arthrite est provoquée par ce que l’on peut appeler «le gravier d’os et de cartilage», le peu d’os et de cartilage qui est laissé dans les articulations après que le corps ait commencé à s’user. Ils frottent l’un contre l’autre dans les articulations chaque fois qu’elles sont en mouvement. Ce «gravier» frotte sur les extrémités du nerf, causant la douleur, tandis qu’en même temps les dommages sont de plus en plus importants car le «gravier» continue à frotter et à user plus l’os et le cartilage. En d’autres termes, c’est un cercle vicieux que la médecine moderne ne peut pas résoudre.

Comment l’huile de chanvre peut aider votre arthrite

Mais il y a des remèdes appartenant à la médecine alternative qui peuvent briser ce cercle et soulager voire faire disparaître l’arthrite.
L’un des remède est de prendre quotidiennement une capsule d’huile de chanvre, ou de l’huile de chanvre pure, qui est d’ailleurs tout à fait savoureuse, et peux être consommée à la cuillère ou dans l’alimentation. Ce traitement doit être considéré à long terme. L’huile de chanvre vient des graines de chanvre, considérée comme lasource nutritive la plus complète.
La prise de capsules d’huile de chanvre de qualité a le même effet pour votre corps que de mettre de l’huile dans votre moteur de voiture. Elle lubrifie et permet un meilleur fonctionnement. Le chanvre est unique, à un profil presque parfaitement équilibré d’oméga 3 et d’oméga 6 qui correspond aux besoins du corps humain. Unique parmi les huiles de graines communes, l’huile de chanvre contient également de l’acide gamma-linolénique.
Des recherches sur l’effet des acides Gamma-Linolénique ont montré que l’huile de chanvre, qui contient tout les acides gras essentiels, augmente la capacité naturelle du corps de se guérir par lui-même et renforce également le système immunitaire. Les acides gras essentiels du chanvre sont renommés pour leur capacité à améliorer la croissance des cellules, le fonctionnement des organes, etaugmenter la vitalité et l’état mental.
Des études plus poussées ont prouvé que beaucoup de maladies courantes (telles que l’eczéma, l’arthrite et beaucoup d’autres problèmes) sont liées à desinsuffisances ou des déséquilibres en acides gras essentiels, en particulier les oméga 3 et oméga 6. Les graines du chanvre  contiennent tous les acides gras essentiels ainsi que tous les acides aminés essentiels nécessaires pour maintenir une bonne santé. Aucune autre plante ne fourni les acides aminés essentiels sous une forme aussi facilement digestible. Aucune n’apporte les acides gras essentiels dans un ratio qui répond parfaitement aux besoins nutritionnels humains.
Sa saveur de noisette distincte la rend idéale pour une consommation avec des crudités et en salade, en accompagnement de tous légumes, ou pris directement comme supplément nutritionnel.

Suisse : Le chanvre sous étroite surveillance

«Maintenant, si on veut vendre de l’isolation en chanvre, il faut demander une autorisation à la police: c’est aberrant!» Robert Hurter, porte-parole de la Coordination vaudoise du chanvre, réagit à l’entrée en vigueur, le 1er janvier, du concordat latin sur la culture et le commerce de la plante.
Ce texte, ratifié par Vaud, Fribourg, Genève, Neuchâtel et le Valais, introduit un régime de contrôle pour les cultivateurs et consommateurs de chanvre licite, c'est-à-dire dont la teneur en THC ne dépasse pas 1%.
«Jusqu’à présent, il n’y avait aucune surveillance. Ce concordat vise un but préventif: il s’agit de s’assurer que ces produits ne deviennent pas illicites», explique Vincent Delay, de la commission concordataire sur le chanvre.

(cge)
source:20minute

Chimiothérapie : du cannabis contre les effets secondaires ?

Que pensez-vous de l'utilisation du cannabis pour lutter contre les effets secondaires de la chimiothérapie ?

Les réponses avec le Pr. Gilles Freyer, cancérologue-oncologue médical au CHU de Lyon :
"Que le cannabis ait un effet antidouleur, cela est assez clair. D'ailleurs tous les médicaments stupéfiants et apparentés ont ce type de vertus. L'héroïne est probablement l'un des meilleurs antidouleurs qui existent.
"Simplement toute la difficulté est dans l'utilisation de ces substances et dans leur caractère addictif.
"Donc il y a quand même une très grande pharmacopée en médecine et en cancérologie qui permet de ne pas avoir forcément recours à ce type de substances, ou alors dans un cadre de recherches assez spécialisées.

Source:BonjourDocteur

L'usage du cannabis deux fois plus important à Bruxelles que dans le reste du pays

L'usage de cannabis en Région bruxelloise est deux fois plus important que dans le reste du pays, selon des chiffres livrés mercredi par la députée bruxelloise Bianca Debaets (CD&V) sur base des résultats fournis à l'une de ses questions parlementaires.


Selon Mme Debaets, neuf pour cent des Bruxellois âgés entre 15 et 64 ans ont consommé du cannabis au cours des douze derniers mois. La moyenne dans le reste du Royaume est de cinq pour cent. Selon ces statistiques, 15% des jeunes et jeunes adultes de la capitale fument régulièrement des joints. Cet usage est plus répandu auprès des jeunes dotés d'un diplôme de l'enseignement supérieur. Ceux-ci représentent 11% des consommateurs, contre 3% pour ceux sans diplôme ou diplômés de l'enseignement primaire. Les hommes représentent en moyenne 11% des consommateurs d'herbe dans la capitale, contre 7% de femmes. Pour la députée, ces chiffres démontrent la nécessité de faire davantage en matière de politique de prévention.


Source:Belga

Drogues: près de 300.000 consommateurs en Algérie, selon une ONG

ALGER — Près de 300.000 personnes consomment de la drogue en Algérie, essentiellement du cannabis et des psychotropes, a-t-on appris mercredi auprès de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (Forem), une ONG algérienne.
"L'Algérie compte actuellement entre 250.000 et 300.000 consommateurs réguliers, dont 40 à 50% d'utilisateurs de cannabis et 40% de psychotropes", a déclaré à l'AFP le président de la Forem, Mustapha Khiati.
La Forem n'est pas en mesure de quantifier l'usage des drogues par les consommateurs "occasionnels", a-t-il ajouté.
M. Khiati s'exprimait à l'occasion du lancement mercredi d'une campagne nationale de lutte contre la drogue.
"La consommation de la drogue qui touchait jadis une catégorie déterminée, est devenue aujourd'hui un phénomène affectant toutes les catégories de la société", a-t-il noté.
L'Algérie dispose d'un organisme, l'Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie, chargé d'appliquer le plan directeur de prévention et de lutte contre ces fléaux, impliquant 14 ministères, la police et la gendarmerie.
La Forem a fait appel à des célébrités nationales comme l'ancien commentateur sportif vedette de la télévision algérienne Hafidh Derradji, qui a rejoint en 2008 la chaîne qatarie Al-Jazira Sport, où encore l'ex-championne d'Afrique de Judo Salima Souakri pour mener cette campagne de sensibilisation notamment auprès des jeunes, catégorie la plus touchée.
L'Algérie, pays de transit de drogue destinée à l'Europe et au Moyen-Orient, est devenue ces dernières années consommatrice.
Lors de la dernière réunion ministérielle du G8 sur le trafic de drogue en mai 2011 à Paris, le ministre algérien de l'Interieur Daho Ould Kabia avait fait état de la saisie annuelle en Algérie de 64 tonnes de cannabis.
Source:AFP

2012 signe la fin des "coffee shops" hollandais... pour les étrangers

Les célèbres petites boutiques vendant de l'herbe sont désormais interdites. Mais une période de tolérance de 5 mois a été intégrée.

Un coffee shop à Amsterdam.Un coffee shop à Amsterdam. | MAXPPP
Que les amateurs de drogue douce et autres fumeurs de cannabis se le disent : 2012 c'est aussi la fin de l'accès aux 670 coffee shops néerlandais... pour tous les étrangers, précise L'Express.

La nouvelle législation rentre en vigueur ce 1er janvier, mais une période de tolérance s'étendra jusqu'au 1er mai, afin de permettre aux coffee shops des provinces méridionales de Zélande, Limbourg et Brabant-Nord, frontalières avec la Belgique et l'Allemagne, de mettre en place un "nouveau système administratif".

Cette mesure a été prise pour s'attaquer aux nuisances et à la criminalité associées aux coffee shops et au trafic de drogues. C'est le gouvernement, par l'intermédiaire des ministères de la Santé et de la Justice, qui veut lutter contre le tourisme cannabique.

Ils précisent que seuls les résidents néerlandais pourront encore s'approvisionner auprès de ces établissements qui ont contribué à la renommée internationale de la ville.

Encore devront-ils pour ce faire acquérir auprès d'un "coffee shop" particulier une licence pour une durée minimale d'un an - aucun petit commerce de cannabis ne pourra compter plus de 1 500 membres. On estime qu'il existe 220 "coffee shops" à Amsterdam.


Source:Lepost

Cannabis Medical : IACM-Bulletin du 31 Décembre 2011

IACM: une médaille prestigieuse est attribuée à Roger Pertwee

Une médaille a été attribuée à l’ancien président et membre du comité directeur de l’IACM, le professeur Roger Pertwee, pharmacologiste de l’Université d’ Aberdeen, pour son exceptionnelle contribution à la pharmacologie. Roger Pertwee, scientifique internationalement connu pour son travail sur les cannabinoïdes est la 19ème personne à recevoir la Wellcome Gold Medal. Cette distinction est attribuée tous les deux ans par la Pharmacological Society britannique. Des prix Nobel figurent parmi les lauréats. Mr Pertwee a indiqué : « Je suis ravi et me sens très honoré qu’un organisme si prestigieux m’ait attribué cette distinction, et tout spécialement, car elle couronne des résultats de pharmacologie, et dans mon cas de la pharmacologie des cannabinoïdes. »
Le travail du Professeur Pertwee porte sur la pharmacologie des phytocannabinoïdes. Son travail de recherche a débuté en 1968, à l’Université d’Oxford, et il l’a poursuivi, à partir de 1974, à l’Université d’ Aberdeen. L’Université d’Oxford lui a délivré trois diplômes : un MA en biochimie, un D.Phil en pharmacologie et un D.Sc. en physiologie. Il est professeur de neuropharmacologie de l’Université d’ Aberdeen, le directeur de la pharmacologie de GW Pharmaceuticals, et le coprésident de l’Union of Pharmacology (IUPHAR), sous-comité des récepteurs cannabinoïdes, un coordinateur de la British Pharmacological Society’s Special Interest Group on Cannabinoids, et un professeur invité de l’Université d’Hertfordshire. Il a aussi présidé, de 2005 à 2007, l’International Association for Cannabinoid Medicines (IACM) et l’International Cannabinoid Research Society (ICRS; 1997-1998; 2007-2008). Il est actuellement secrétaire de l’ICRS et un des membres du bureau de l’IACM. En 2002, il a reçue le prix Mechoulam, pour sa contribution exceptionnelle à la recherche sur les cannabinoïdes.
Plus d’information sur:
www.abdn.ac.uk/news/details-11135.php
(Source: communiqué de presse de l’Université d’ Aberdeen du 7 décembre 2011)

Science: le cannabis influence les hormones de l’appétit contenues dans le sang des personnes ayant contracté le VIH

Des scientifiques du Center for Medicinal Cannabis Research (CMCR) à San Diego, Université de Californie, se sont intéressés, entre autres, aux effets du cannabis sur les hormones de l’appétit, dans une étude contrôlée avec placébo, sur des patients atteints par le VIH qui souffraient de douleur neuropathique. Dans une étude clinique déjà publiée, 28 patients avaient été inclus afin d’étudier les effets du cannabis fumé sur la douleur. Sept d’entre eux ont été sélectionnés afin étudier les niveaux des hormones leptine, ghréline, peptide YY et insuline dans le sang, après une prise de cannabis ou d’un placébo. La leptine est connue pour diminuer l’appétit, notamment en résistant aux effets de l’endocannabinoïde anandamide. La ghréline est considérée comme ayant un effet oppose a la leptine. Le peptide YY est produit suite à la prise d’aliments et réduit l’appétit.
Comparé au placébo, le cannabis a augmenté de manière significative les niveaux de ghréline et de leptine dans le plasma, diminué les niveaux de peptide YY, mais n’a pas eu d’influence significative sur ceux de l’insuline. Les auteurs ont établi que « pour ces hormones, les changements produits par le cannabis ont un effet comparable à ce qu'on a observé avec l'ingestion de la nourriture pendant une journée, chez des volontaires sains, ce qui suggère une pertinence physiologique. » Les scientifiques ont conclu que « ces résultats sont concordants avec la modulation des hormones de l’appétit transmises par les récepteurs cannabinoïdes endogènes, indépendants du métabolisme du glucose. »
(Source: Riggs PK, Vaida F, Rossi SS, Sorkin LS, Gouaux B, Grant I, Ellis RJ. A pilot study of the effects of cannabis on appetite hormones in HIV-infected adult men. Brain Res. 7 novembre 2011. [in press])

En bref

Espagne: le gouvernement basque en faveur de la légalisation
Au début de l’année 2012, le parlement de la Communauté autonome basque approuvera une loi sur les drogues, qui régira la culture, la vente, et la consommation de cannabis. Jesus Maria Fernandez, administrateur de la Santé du Pays Basque, a indiqué : « Mieux vaut réguler qu’interdire, » et la plus haute autorité, en matière de Sante Rafael Bengoa, d’ajouter : « Nous ne voulons pas être des prohibitionnistes. » (Source: ANSAmed du 12 décembre 2011)
Etats-Unis: Congrès sur les thérapies à base de cannabis
Le 7ème congrès de National Clinical Conference on Cannabis Therapeutics aura lieu à Tucson, Arizona. Plus d’information sur le site web des Patients Out of Time, www.medicalcannabis.com. (Source: Patients Out of Time)
Science: Interaction
Selon une étude menée à l’Université Hokuriku, à Kanazawa, Japon, des phytocannabinoïdes (THC, CBN, CBD) réduisent la dégradation de la warfarine et du diclofénac en en augmentant l’effet et la durée d’action. La warfarine est un médicament utilisé pour réduire la coagulation du sang et le diclofénac réduit la douleur et l’inflammation. L’effet cannabinoïde est du à l’inhibition d’un enzyme (CYP2C9) du foie principalement responsable de la dégradation du THC et du CBD. (Source: Yamaori S, et coll. Drug Metab Pharmacokinet. 13 décembre 2011. [in press])
Science: maladie d’Alzheimer
Selon une étude de l’Université Sapienza, Rome, Italie, le cannabidiol (CBD) réduit l’inflammation du cerveau causée par la bêta amyloïde, sur le modèle animal de la maladie d’Alzheimer. On trouve de grosses quantités de bêta-amyloïde dans les cellules nerveuses des patients qui souffrent de cette maladie. La bêta amyloïde est toxique pour les cellules. Le CBD stimule la formation de nouvelles cellules dans l’hippocampe, une partie du cerveau importante à la mémoire. (Source: Esposito G, et coll. PLoS One. 2011;6(12):e28668.)
Science: colite
Selon une étude menée à l’Université de Naples, Italie, le cannabidiol (CBD) réduit l’inflammation des tissus des patients atteints de colite ulcérative et des inflammations intestinales des souris. L’activité du CBD était, au moins partiellement, transmise par le récepteur PPAR-gamma. Les chercheurs ont conclu que « le CBD introduit une nouvelle stratégie pour traiter les maladies intestinales inflammatoires. » (Source: De Filippis D, et coll. PLoS One. 2011;6(12):e28159.)
Science: fibrose du foie
Selon une étude menée à l’hôpital de Barcelone, Espagne, l’activation du récepteur CB2 par un cannabinoïde synthétique (AM1241) prévient la progression des fibroses sur le modèle animal de la fibrose du foie. Le cannabinoïde a réduit la teneur en collagène et améliore, entre autres, la viabilité des cellules. (Source: Reichenbach V, et coll. J Pharmacol Exp Ther. 7 décembre 2011. [in press])
Science: appétit
Selon une étude menée à l’Université de Reading, Grande-Bretagne, un extrait de cannabis sans THC a augmenté la prise de nourriture chez le rat. Les scientifiques ont comparé les effets d’un extrait à haute teneur en THC et d’un autre sans THC. Les deux extraits ont augmenté la prise de nourriture, bien que celui sans THC l’a fait à moindre degré. Les auteurs ont conclu « qu’au moins, un des phytocannabinoïdes sans THC entraîne des changements de la prise de nourriture des rats. » (Source: Farrimond JA, et coll. Behav Pharmacol. 12 décembre 2011. [in press])
Science: suicide
Les chercheurs de l’Université d’Etat de Louisiane, à Bâton Rouge, Etats-Unis, se sont intéressés à la relation entre la consommation de cannabis et le risque de suicide. Ils ont trouvé que l’anxiété sociale, c'est-à-dire une peur intense des situations sociales, influence la relation entre le suicide et la consommation quotidienne de cannabis, au point que les consommateurs quotidiens de cannabis et dont l'anxiété est sévère présentent le risque de suicide le plus élevé. (Source: Buckner JD, et coll. Addict Behav. 25novembre 2011. [in press])
Science: colite
Selon une étude sur le modèle animal, à l’Université Complutense, Madrid, l’activation du récepteur CB1 protège le colon de l’effet nocif du stress. Les souris ont été mises dans un environnement stressant, ce qui a entraîné une production d’enzymes accrue dans le colon et un dysfonctionnement de la barrière du colon contre les bactéries. Les scientifiques ont conclu que les cannabinoïdes « pourraient être utilisés de manière thérapeutique et se révéler utiles quand l’inflammation intestinale et le dysfonctionnement de la barrière se produisent après un évènement stressant. » (Source: Zoppi S, et coll. Am J Physiol Gastrointest Liver Physiol. 1er décembre 2011. [in press])

Un coup d'œil sur le passé

Il y a un an
Il y a deux ans

Il faut dépénaliser l'usage de drogue

La baisse du nombre d'usagers de produits illicites et de personnes ayant une consommation problématique d'alcool d'ici à 2011 constitue (...) l'objectif central du plan gouvernemental." Tel était le principe directeur du plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies 2008-2011 qui arrive à échéance. Quel bilan peut-on en dresser, alors qu'en rupture avec ses prédécesseurs ce plan insistait sur le rappel de l'interdit pesant sur l'utilisation des drogues illicites ? L'objectif est-il atteint ?

Force est de constater qu'il ne l'est pas et qu'on s'en est plutôt éloigné. Chez les Français, la consommation de tabac, qui était à la baisse, semble reprendre, la consommation problématique d'alcool est orientée à la hausse, la consommation de cannabis est restée stable à un des plus hauts niveaux européens et celle de la cocaïne a progressé à un rythme très élevé.
Le seul indicateur que l'on pourrait mettre au crédit de l'objectif attendu est celui de la consommation de cannabis parmi les jeunes de 17 ans, qui a poursuivi une décroissance amorcée depuis 2002. Mais, en ce domaine, on constate la confirmation de la tendance observée depuis 2002. Si on pouvait mettre cette rupture de tendance à l'actif d'une politique publique, il serait honnête de l'imputer à la stratégie en cours avant la date du changement, c'est-à-dire le plan gouvernemental 1999-2002, qui mettait en avant une approche centrée sur la réduction des risques. Et cette relative bonne nouvelle ne doit pas masquer les "mauvaises" concernant la progression des produits licites. C'est tout le problème d'une politique publique obsédée par le cannabis et qui oublie que les méfaits principaux des "drogues" sont à mettre à l'actif des deux produits les plus consommés : le tabac et l'alcool.
Un autre indicateur majeur d'évaluation d'une politique publique sur les drogues serait celui qui permettrait d'apprécier l'évolution de la mortalité liée aux usages des drogues. Or le bilan est tout aussi négatif. Le nombre de décès liés aux usages de drogues illicites a progressé ces cinq dernières années. Combien faudra-t-il de morts supplémentaires pour se rendre à l'évidence que l'approche actuelle mène à une impasse et pose un problème de santé publique ?
Par sa posture répressive, cette politique renforce la stigmatisation des usagers, considérés comme des "coupables" et accentue leur précarisation, liée à une moindre accessibilité aux dispositifs de prévention et de soin qu'induit la pénalisation de leur comportement. Cette politique a échoué. Aussi est-il raisonnable de penser et d'espérer que cette phase régressive de la stratégie sur les drogues ne soit que transitoire. Une autre politique, pragmatique, fondée sur des données probantes, est en effet possible. Pour réussir, elle devra s'attacher àrespecter plusieurs principes.
Elle doit d'abord renoncer à clamer vouloir éradiquer l'usage de drogues. Il s'agit de s'employer à réduire les aspects néfastes des usages de drogues. Il convient pour cela de clarifier les principes directeurs de l'action à mettre en oeuvre : on "lutte contre les drogues" parce qu'elles posent un problème de santé ; sinon, la société n'aurait pas à intervenir à ce sujet. L'approche de "santé publique" doit donc guidercette politique. L'approche "sécurité publique" doit être mise au service de celle-là. On peut donc continuer à envisager de faire la guerre à la drogue, mais il est irresponsable de continuer à faire la guerre aux usagers.
Cela amène au nécessaire débat sur la "dépénalisation" de l'usage des drogues, à ne pas confondre avec celui de la "légalisation" (le rendre légalement accessible). La loi du 31 décembre 1970 sur les drogues est une loi d'exception. C'est le seul domaine dans lequel un individu est passible d'une peine d'emprisonnement pour un dommage qu'il se fait à lui-même. Peut-on en effet imaginer sur le plan éthique de prévenir et d'agir sur le suicide en mettant en prison ceux qui en commettent des tentatives ?
Améliorer l'accès aux soins
Dépénaliser ce comportement, c'est se donner plus de chances d'atteindre ce public et de rendre plus efficaces les dispositifs sanitaires sociaux. Dépénaliser les "usages" ne veut pas dire supprimer l'interdit sur les "drogues". La dépénalisation est compatible avec une volonté de contrôle sur l'offre de drogues. Au regard des lacunes du système de prévention et de soin existant, une nouvelle stratégie sur les drogues devrait s'articuler autour de quatre axes : contrôler/réguler l'offre, prévenirles usages nocifs, réduire les dommages et améliorer l'accès aux soins et leur qualité.
L'ensemble des acteurs du champ de la prévention et du soin a fait des propositions cette année dans le cadre d'un Livre blanc sur les addictions. L'Inserm a mené une expertise collective et fait des recommandations pour améliorer le dispositif de réduction des risques. Il serait temps que la structure administrative chargée du dossier drogues rompe son isolement, renoue avec les professionnels et prenne en compte ces travaux pour préparer le prochain plan du gouvernement.
A la croisée d'un plan du gouvernement sur les drogues qui s'achève et d'une campagne électorale qui démarre, il serait salutaire que les candidats puissent s'emparer du sujet dans sa complexité, au-delà du faux consensus énonçant que tout le monde est contre "la drogue". Il est vrai que le lobby des usagers de drogues est peu puissant. Mais cette absence de visibilité masque une inquiétude générale et beaucoup de souffrance. Espérons un peu de courage. Au moins, ouvrons le débat.

Jean-Michel Costes a fondé en 1995 et dirigé jusqu'en avril 2011 l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Ancien directeur de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanie.
Source:Lemonde