Dans la plupart des pays, l'utilisation du chanvre est interdite même dans un but médical. L'automédication au cannabis a poussé un grand nombre de citoyens généralement respectueux des lois à entrer en conflit avec le système légal.
Dans Savages, le cinéaste américain Oliver Stone met en scène le combat implacable mais encore «hypothétique» entre des néo-hippies californiens et un cartel de la drogue mexicain cherchant à s’implanter de l’autre côté de la frontière.
Depuis 2000, cet Etat américain a légalisé l'usage médical du cannabis. De la culture des fleurs au commerce des produits dérivés, les business se multiplient. Une économie très profitable, y compris pour les finances locales.
Publication en juin dernier à New York du rapport de la Commission mondiale sur la politique des drogues (Global Commission on Drug Policy) signé par une kyrielle de personnalités de stature mondiale qui constatent l'échec de la guerre à la drogue...
Ce trafiquant de hasch, qui a enfumé la police pendant des années, est le héros de « Mr Nice ». Un film aussi hallucinant que sa vie.
En 1995, lorsque Howard Marks émerge du pénitencier de Terre Haute (dans l’Indiana), son mariage est en miettes, sa dèche endémique et il balance entre l’obligation de filer doux et l’envie de reprendre ses activités de trafiquant. « Mes fantasmes oscillaient comme les pics et les creux d’une montagne russe », se souvient-il. Avec son physique fatigué à la Keith Richards, il ne reste aucune trace de la stricte discipline de yoga et de la diète sans alcool ni cigarettes qu’il s’était imposée en prison car, dès son retour en Grande-Bretagne, Howard Marks l’avoue : « Je suis retombé dans la débauche avec bonheur. » La réinsertion se fera cependant grâce à une généreuse avance pour l’écriture de son autobiographie « Mr. Nice » – le nom de l’un de ses multiples faux passeports – qui deviendra un best-seller puis un film interprété par son vieux copain Rhys Ifans (« Good Morning England »).
LA DRUG ADMINISTRATIONL'A SURNOMMÉ «NARCO POLO»
Malgré les kilos de hasch qu’il a fumés, Howard a conservé une excellente mémoire et se souvient de sa jeunesse à Kenfig Hill, au pays de Galles, où il grandit dans un milieu modeste, et se révèle brillant élève au point de rejoindre l’élite du royaume à Oxford. Son diplôme de physique nucléaire et de philosophie des sciences en poche, la perspective de devenir prof est vite balayée par la découverte de la fumette, très en vogue dans la vieille cité universitaire. « Dans les années 60, la drogue était privilégiée par l’aristocratie alors que les ouvriers préféraient l’alcool. » Le hippie se lance alors dans les affaires et passe du petit commerce à l’import-export sur une grande échelle. Comme tout contrebandier sérieux, il ne tient pas un carnet de notes mais restitue son parcours à partir des documents constitués par les enquêteurs américains de la DEA (Drug Enforcement Administration), qui l’ont surnommé « Narco Polo » et l’ont poursuivi dix-sept ans. « Le danger m’excitait, mais je n’ai jamais vendu de drogues dures parce que ce business est trop violent. »
Il tombe une première fois en 1973, joue les agents doubles entre un terroriste de l’Ira et un membre des services du
contre-espionnage britannique (MI6), ouvre une agence à Hongkong, des succursales en Thaïlande et au Pakistan, une antenne à Miami, et même un bordel à Bangkok. Il ne renie rien. En 1988, trahi par ses complices, il est arrêté à Majorque où il s’était installé avec sa deuxième femme, Judith, et leurs trois enfants. Extradé aux Etats-Unis et
condamné à vingt-cinq ans de prison, il sera libéré sept ans plus tard. Hier recherché par toutes les polices, Howard Marks est aujourd’hui une vedette multicarte qui joue son propre rôle au cinéma (« Human Traffic »), récite de la poésie en première partie de groupes rock et se produit sur scène, un pétard à la bouche, dans un one-man-show qui fait salle comble. Rangé, mais loin d’être assagi, il se bat pour la légalisation du cannabis et avoue que si c’était à refaire…
Christine Haas - Paris Match
« Mr. Nice. Une autobiographie », de Howard Marks, Mama Editions, 15,50 euros.
« Mr. Nice », de Bernard Rose, avec Rhys Ifans, Chloë Sevigny et David Thewlis. En salles actuellement
GRENADE, Espagne – Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Grenade indique que la consommation de cannabis peut soulager les symptômes de la fibromyalgie, rapporte le site internet scientifique PLoS ONE.
GRENADE, Espagne – Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Grenade indique que la consommation de cannabis peut soulager les symptômes de la fibromyalgie, rapporte le site internet scientifique PLoS ONE.
Les scientifiques espagnols ont suivi 56 patients atteints de fibromyalgie dont la moitié consommait du cannabis. Parmi les utilisateurs de marijuana, 11 % la fumaient, 46 % la mangeaient et 43 % faisaient les deux.
Aux fins de l’expérimentation, les participants devaient remplir un questionnaire visant à évaluer leur état physique, psychique et le niveau de douleur ressentie.
Les chercheurs ont constaté que 81 % des patients qui avaient eu recours au cannabis mentionnait une amélioration de leur sommeil, alors que 14 % notait une diminution des maux de tête.
«Les patients qui ont consommé du cannabis ont non seulement remarqué une amélioration au niveau des douleurs chroniques, mais aussi par rapport à tous les autres symptômes de la fibromyalgie. Aucun d’entre eux n’a mentionné une aggravation des symptômes», mentionne l’étude scientifique.
Les chercheurs ont toutefois indiqué que 96 % des participants qui avaient consommé du cannabis ont dit avoir éprouvé des effets secondaires comme des étourdissements, une sécheresse de la bouche, ou un état de surexcitation.
La fibromyalgie est une maladie caractérisée par des douleurs musculaires diffuses chroniques et une fatigue persistante. Environ 3 % de la population serait touchée par ce syndrome.
Pour tenter de décontaminerles zones fortement touchées par la radioactivité alentours à la centrale nucléaire de Fukushima, les idées fleurissent.
Bien qu’elle paraisse étonnante, l’une d’entre elles est examinée d’un peu plus près par les experts en matière d’énergie atomique. Il s’agit de la phytoremédiation, une technique qui consiste à planter de la marijuana tout autour de la centrale japonaise, permettant ainsi l’absorption de métaux lourds radioactifs dans le sol des zones contaminées grâce aux racines et aux feuilles des plantes.
L’expérience a été tentée il y a quelques années en Ukraine suite à la catastrophe de Tchernobyl. Résultat? Près de 80% du sol traité dans une zone infectée a été purifié en utilisant le processus de la phytoremédiation avec des plantes dont les meilleurs rendements ont été donnés par le tournesol et le cannabis.
Le cannabis de Fukushima, après avoir été planté, sera incinéré et traité comme lesdéchets radioactifs. Pour certains toutefois, cette méthode ne serait pas la meilleure. En effet, le cannabis contaminé et réduit en cendres constituerait de nouveaux de déchets pollués dont il faudra se débarrasser. La solution miracle n’est donc pas encore trouvée mais la communauté internationale continue de se battre pour que le Japon se relève de ses dernières souffrances.
La criminalisation du cannabis ne sert à rien. Ni la loi, ni la répression, ni l'obligation de soins n’ont permis de réduire durablement la demande et l'offre. Cette politique n'a que des conséquences néfastes.
Des budgets et des moyens colossaux sont investis en pure perte. Des centaines de milliers d’usagers sont victimes de la répression, de la violence induite par le marché noir et participent aux nuisances dans l’espace public, au blanchiment et à la corruption générés par le trafic. La prohibition du cannabis est devenue une source majeure d’insécurité.En conséquence, nous demandons :
- La réforme de la politique française en matière de cannabis et l'ouverture d'un débat public sur la loi du 31 décembre 1970
- Une régulation de la production, de la distribution et de la consommation de cannabis protégeant aussi bien le consommateur que l'ensemble de la société
- La dépénalisation de la consommation, de la possession et de l’autoproduction pour l'usage personnel- Une prévention pragmatique et ciblée en direction des mineurs et des usagers problématiques.
- Une information cohérente et objective sur les effets et les pratiques de consommation réduisant les risques- La possibilité pour les usagers de se regrouper et d'organiser des filières courtes de production, de distribution, ainsi que l'usage social dans des lieux adéquats .
MARCHE MONDIALE DU CANNABIS, SAMEDI 7 MAI 2011, 14h, PARIS-BASTILLE Premiers signataires du Comité ad'hoc pour l’organisation de la Marche Mondiale du Cannabis 2011 : ASUD, Cannabis Sans Frontières, CIRC et le Collectif Principes Actifs
Mercredi 20 avril est un jour spécial au Etats-Unis. C'est officieusement le jour du cannabis et Snoop Dogg l'a fêté comme il se doit ! Le 20 avril est le jour du cannabis aux Etats-Unis. Pour l'occasion, Weeds saison 7 a sorti son premier teaser et Snoop Dogg l'a également fêté à sa manière. Le rappeur a sorti l'artillerie lourde pour ce 20 avril et pour partager ce moment avec ses followers sur Twitter, Snoop Dogg a posté une photo de lui avec une méga pipe sur son compte ! Snoop Dogg qui rappe en bonnet de bain ne fait pas les choses à moitié ! Sa photo était accompagné de cette phrase "This what we do on 420 !!" soit "C'est ce qu'on fait le 20 avril !!" en français
Côté business, Snoop Dogg et David Beckham futur rois de la mode ? Les deux hommes se sont associés pour créer une marque de vêtements pour enfant ! Qui aurait pu imaginer une association entre le rappeur et le footballeur ? Bref on attend de voir ces vêtements… Côté musique, melty.fr vous propose d'écouter le titre de Snoop Dogg This Weed Iz Mine feat Wiz Khalifa, le clip . Eh oui la vie ne se résume pas qu'à la fumette ! Que pensez-vous de la célébration de Snoop Dogg ?
L’Amérique célébrait ce mercredi le 420. Kezako me direz-vous? Le nombre 420 est le chiffre fétiche du fumeur de joints outre-Atlantique. Devenu une expression, il renvoie à toute la « culture » cannabis, qui est traditionnellement célébrée chaque 20 avril (4/20 dans le calendrier US).
Ses origines remontent à un groupe d’ados de San Rafael (dans la banlieue de San Francisco), les Waldos, qui goûtaient fort la marijuana et se réunissaient régulièrement à 4h20 au pied d’une statue de Louis Pasteur.
L’expression de « 420″ leur aurait survécu via la magazine High Times, qui, dans les années 90, décrète 4h20 comme heure idéale pour fumer un joint (de l’après-midi rassurez-vous…). Et dans la foulée, le 20 avril est devenu LE rendez-vous des fumeurs joints. (Pour en savoir plus, c’est par ici)
Une date à ne pas confondre avec la Global Marijuana March, chaque premier dimanche de mai, qui est consacrée dans le monde entier aux revendications politiques concernant la légalisation, ou encore avec le 18 Joint, qui reste, comme tout ce qui est lié au Général de Gaulle, même s’il n’aurait pas approuvé, une exception française.
Les hauts lieux de célébration du 420 sont l’université de Santa Cruz en Californie et l’université Boulder, dans le Colorado, où se réunissent depuis quelques années environ 10 000 personnes pour… fumer! Cette année n’a pas fait exception. Dans la vidéo ci-dessous, tournée par High Times à Boulder, les participants forment ainsi (bien que je n’ai pas la moindre base de comparaison) ce qui est peut-être le plus gros nuage de fumée de marijuana au monde. C’est assez vain et donc assez impressionnant.
Et si les choses se mettaient enfin à bouger? Alors que, depuis l’accession de Barack Obama à la Maison Blanche des voix s’élèvent du monde entier pour aborder la question d’une dépénalisation de l’usage de drogues qui parait de moins en moins chimérique, la France, comme souvent en ces domaines, semblait faire bande à part.
Après les vains espoirs suscités par le passage de Bernard Kouchner au ministère de la Santé (dans un gouvernement socialiste cette fois), le débat français semblait enterré sous le poids du bouillonnant ministre de l’Intérieur/président Nicolas Sarkozy. Même Libé avait, sous la plume de Laurent Joffrin, abandonné le combat qui fût le sien lorsque le quotidien lançait, en 1976 , l’Appel du 18 joint.
Mais voilà qu’à l’occasion des quarante ans d’une loi de 1970 sur les stupéfiants qui semblait aussi consensuelle que celle de 1905 sur les cultes, les choses bougent. Trois livres sont ainsi sortis coup sur coup depuis le début de l’année pour réclamer une forme ou une autre de dépénalisation. Le dernier en date, celui du maire Vert de Sevran, Stéphane Gatignon, cosigné avec un officier de Police, Serge Supersac, et qui sort ce mercredi, fait beaucoup parler de lui, j’y reviendrai dans ce blog.
Et voilà qu’une autre voix, et non des moindres, vient s’ajouter à ce début de concert: celle du Conseil national du Sida. Créé en 1989 par François Mitterrand, le CNS rassemble 24 personnalités aussi diverses qu’un rabbin, des professeurs de médecine, de politique, d’économie… sous la direction du professeur Willy Rozenbaum. Nommés par le président de la République, le Premier ministre, l’Assemblée, le Sénat… ils ont pour mission de faire des propositions au gouvernement sur tout ce qui concerne le sida.
Dans un avis sur les politiques des drogues rendu public ce mercredi, cet aréopage dénonce « des politiques répressives coûteuses, inefficaces au plan sanitaire ». Rappelant qu’à la différence de la France, où la répression des simples usagers est de plus en plus importante, plusieurs pays européens avaient depuis les années 90, choisi d’abandonner les poursuites pénales contre les simples usagers, le Conseil « questionne l’impact de la politique répressive à l’encontre des usagers simples sur la consommation des drogues illicites et sur le fonctionnement optimal des dispositifs de réduction des risques ».
Le Conseil note ainsi que « l’augmentation des mises en cause pour usage n’a permis d’entrainer ni une hausse significative du prix des produits stupéfiants, ni une baisse de la consommation de drogues illicites » mais qu’elle complique les politiques de réduction des risques qui sont seules à ce jour à avoir montré une réelle efficacité pour la santé des usagers de drogues. Et d’enfoncer le clou:
« Le Conseil national du sida s’interroge sur l’efficacité réelle des mesures répressives extrêmement coûteuses à l’encontre des usagers simples et lourdes de conséquences pour l’emploi des intéressés, inscrits dans les fichiers de police, même quand ils n’ont pas été condamnés, alors que les actions, en matière sanitaire et sociale en faveur des usagers problématiques, bien moins nombreux, restent insuffisantes. »
Dans ses conclusions, le Conseil national du sida demande donc« l’évaluation des politiques relatives aux drogues et en particulier de l’impact de l’interdiction de l’usage, de la détention, de la cession et du trafic de produits stupéfiants sur la stratégie de réduction des risques » et « invite les pouvoirs publics à examiner l’opportunité d’une reformulation de la loi en matière de stupéfiants en intégrant une analyse du traitement pénal des usagers de drogues illicites ».
Bien sûr, rien n’oblige le gouvernement à tenir compte de cet avis et il y a fort à parier qu’il ne le fera pas. Reste que cette voix vient s’ajouter à celles d’anciens présidents de la République, d’éminents chercheurs, d’anciens policiers… qui, de par le monde, demandent aux gouvernants de sortir de l’idéologie et d’accepter d’évaluer l’efficacité réelle de la prohibition des drogues. C’est visiblement déjà trop demander.
Les trafiquants de Sevran ont du mal à se projeter dans un monde où le cannabis serait légalisé - ce que propose Gatignon, leur maire.
Devant le porche d'un hall d'immeuble de la cité de Rougemont à Sevran, en Seine-Saint-Denis, cinq jeunes se relaient pour guetter et dealer depuis le début de l'après-midi. La nuit tombée, les clients affluent. En l'espace d'une heure, une trentaine d'entre eux viendront acheter leur barrette de shit aussi naturellement qu'une baguette de pain dans une boulangerie.
Ici, la légalisation semble déjà entrée en vigueur depuis longtemps…
En finir avec les dealers ?
Prenant acte de l'échec de la politique répressive et du coût qu'elle fait peser sur la collectivité (un montant annuel de 3 milliards d'euros selon Terra Nova), Stéphane Gatignon souhaite aujourd'hui « un changement de paradigme ».
Dans son livre coécrit avec Serge Supersac (ancien flic de terrain), le maire de Sevran propose ainsi d'en « finir avec les dealers » et l'insécurité générée par le trafic enlégalisant le cannabis. Mais dans son analyse, l'ancien communiste distingue bien les « petits dealers de rue », à qui il propose un vaste plan de réinsertion sociale, des semi-grossistes et gros revendeurs qu'il sait plus difficilement récupérables. (Voir la vidéo)
Mais à quelques kilomètres de la mairie, les cinq dealers de rue qui « tiennent le hall » dans la cité de Rougemont réagissent avec scepticisme à cette proposition, comprenant très rapidement l'impact qu'aurait la légalisation sur leur business. « C'est pas bon, ça va détourner notre clientèle » craint Saïd (les prénoms ont été modifiés). Accoudé à la rambarde de l'escalier, Nadeem rétorque :
« Faut pas croire ce que les médias racontent, c'est déjà très dur de vendre aujourd'hui. »
Assis sur une chaise, l'air absent, Michaël, le plus âgé de la bande, a quitté le circuit scolaire et deale depuis plus de quatre ans. Un brin fataliste, il déclare :
« Le shit, c'est notre culture et ici, c'est notre territoire, et c'est pas prêt de changer. […] On ne se laissera pas prendre notre marché. »
« S'ils légalisent le teshi, on ira braquer des banques », répond Sofiane. Même si ces camarades ne le prennent guère au sérieux, ils peinent à imaginer une vie sans le deal. A l'image d'une chanson du groupe de rap local RGT, le « bizness » conditionne la vie sociale de ces jeunes dealers de rue.
Nadeem m'en explique la structure hiérarchique :
« Nous sommes payés 120 euros la journée. Guetteurs et bicraveurs [dealers, ndlr] se font la même paye car on alterne. Les mois pleins (30 jours), on peut donc facilement monter à 3 500 euros mais ils n'ont pas toujours besoin de nous. Le rechargeur [le revendeur qui fournit la drogue à vendre, ndlr] se fait entre 8 000 et 10 000 euros. Au-dessus de lui, c'est le patron. »
Selon le sociologue Thomas Sauvadet, qui a beaucoup travaillé sur les jeunes des cités, cette incapacité à imaginer une autre vie tient à la fois de leur jeune âge mais également de leur position sociale :
« Plus on descend dans l'échelle sociale, moins on se projette dans l'avenir. Leur présent est trop dangereux et incertain pour cela. Ils sont obligés de se construire un monde parallèle pour pouvoir survivre et ne prennent pas en compte tous les coûts à moyen et long terme du “ bizness ” (problème de blanchiment, rackets, incarcération). »
Dealer pour survivre : « Je ne trouvais pas d'emploi »
Daniel Vaillant propose un débat
La fin de la prohibition permettrait d'économiser 1,5 milliard en dépenses carcérales et une meilleure réallocation des ressources de police afin de lutter contre les gros dealers, selon Gatignon.
Comme lui, l'ancien ministre de l'Intérieur de Lionel Jospin, Daniel Vaillant, considère que « la police a mieux à faire que de courir après la fumette ».
Il prépare un rapport pour le PS et estime qu'il « est temps d'ouvrir un grand débat public sur la question ».
A quelques kilomètres de Sevran, dans une cité HLM de Livry-Gargan, Moussa tient un discours différent. Agé de 25 ans et déjà passé par le stade du deal sous les porches, Moussa semble avoir davantage de recul sur les évènements.
Alors qu'aujourd'hui, il touche un salaire plus important en tant que revendeur, il explique les raisons qui l'ont poussé à « plonger dans le bizness » :
« Je ne trouvais pas d'emploi. Après des années de recherches et d'intérim, j'ai fini par accepté de dealer. […] Aujourd'hui, ma famille ne vivrait pas sans mes revenus. »
Moussa n'est pas une exception, la drogue sert souvent d'économie de substitution dans les quartiers. Dans son livre, Stéphane Gatignon explique que dans certaines cités :
« 40% des moins de 30 ans sont chômeurs. Parmi tous les petits dealers, seule une infime minorité rêve de devenir de futurs parrains, l'immense majorité voudrait juste bénéficier d'un salaire pour avoir un appartement et s'offrir un resto de temps en temps. »
Même s'il semble économiser chacun de ses mots, Moussa finit par reconnaître à mi-voix « l'atmosphère pesante et la pression permanente » qui pèsent sur ses épaules. Pas mal de scrupules aussi lorsqu'il observe « des jeunes de 12, 13 ans baigner dans le trafic ». Alors la légalisation, si elle s'accompagne d'un emploi stable, lui il dit « banco ».
Les gros dealers seraient les gros perdants
La frange sans doute la plus réfractaire à la légalisation serait sans doute celle des gros dealers. Un rapport de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) en décembre 2007 indiquait que c'est au niveau du « semi-grossiste et des revendeurs directement liés à lui que les sommes d'argent récupérées du trafic » sont les plus importantes. L'OFDT estimait entre 700 et 1 500 le nombre de semi-grossistes et entre 6 000 et 13 000, le nombre de revendeurs finaux.
Thomas Sauvadet considère qu'il y a un risque pour qu'« à l'instar de la vente de cigarettes, ces dealers se placent en concurrence du cannabis vendu par l'Etat mais compte tenu des risques du business (prison, perte de cargaisons, blanchiment), ils pourraient également être tentés d'investir dans les coffee-shops qui se seraient créés ».
Président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), Etienne Apaire estime que :
« Les criminels ne sont pas fixés sur un produit mais sur l'argent. Si on légalise le cannabis, ils se reporteront vers des drogues dures (cocaïne et autres drogues de synthèse). »
Un pronostic que partage Christian Ben Lakhdar, maître de conférences en économie à l'Université catholique de Lille et auteur d'un rapport de l'OFDT sur les revenus du cannabis en France :
« le marché du cannabis est arrivé à saturation et le business du shit tend déjà à se confondre avec celui de la cocaïne. La cocaïne est plus profitable et plus facile à transporter ».
OCB ou Rizla+ ? Dans la plupart des quelque 28 000 tabacs français, le choix du fumeur de pétards est simple car le plus souvent limité à ces deux marques. Des petits nouveaux comme Yeuf, Jass paper, ou encore Tourn’feuille ont bien essayé d’arriver chez les buralistes. Mais pour cela, il faut pousser une porte d’entrée bien gardée par les grands distributeurs.
Plus précisément par deux sociétés historiques: la SPF (Société pipière française) et la SAF (Société allumettière française), qui contrôlent près de 80% du marché français d'approvisionnement des tabacs. Officiellement, les consommateurs achètent à 90% des feuilles OCB, il n'y a donc pas de place sur le marché pour de nouveaux acteurs.
En "off", la marque aux trois lettres -O pour la première usine historique d'Odet, C pour la seconde de Cascadec et B pour Bolloré, l'ex propriétaire- pèse de tout son poids sur les distributeurs.
Les Inrocks ont mis la main sur la condamnation judiciaire de Republic Technologies International (RTI), multinationale d'origine américaine propriétaire d'OCB depuis 2000, pour "concurrence déloyale" envers une nouvelle marque de feuilles longues. Datant de janvier 2007, l'affaire apporte un éclairage nouveau sur les pratiques d'OCB et des distributeurs.
Feuilles transparentes
L'histoire débute en 2006. La société Onda e maresia (OEM) propose aux amateurs de joints une nouveauté: les paquets de marque brésilienne ALEDA. Particularité, les feuilles sont longues et transparentes. Une promesse est faite au consommateur : "Ne contient pas les composants chimiques généralement utilisés dans le papier blanc."
Distribué par la SPF, le produit prend un bon départ. En quelques mois, OEM voit son chiffre d'affaires passer de 16 000 à 325 000 euros. Mais en janvier 2007, l'euphorie retombe. Une note interne à la SPF relate que "des traces de mercure et de plomb" auraient été détectées dans les nouvelles feuilles à l'allure plastifiée. La note précise que l'information provient d'un employé d'OCB.
Immédiatement, la SPF fait passer le message à ses grossistes qui stoppent dans la foulée commandes et paiement. Problème: des analyses seront bien produites fin 2007 par OCB mais elles sont postérieures aux accusations et n'apportent aucune preuve.
Le tribunal de commerce de Créteil, conforté par un jugement définitif de la Cour d'appel de Paris en janvier 2010, condamne donc OCB à verser environ 100 000 euros à Onda e maresia et la même somme à ALEDA pour "concurrence déloyale" par dénigrement de marque.
La communication d'OCB précise aux Inrocks ne pas avoir "souhaité se pourvoir en Cassation afin que toutes les parties en présence puissent se concentrer sur leurs métiers respectifs et le développement de leurs activités".
Voeux louable mais pieux. Depuis février 2007, en dépit d'une étude du CNRS concluant à l'innocuité des feuilles transparentes, les ventes de feuilles ALEDA n'ont cessé de chuter. Même OCB arrêtera par la suite sa propre collection transparente, OCB Crystal, lancée a posteriori pour concurrencer ALEDA.
"Nous ne nous sommes jamais relevés de cette histoire, explique aux Inrocks Alexander Walk, co-gérant de Onda e maresia. On souhaite toujours revenir sur le marché français, mais déjà que les feuilles avaient un aspect plastique, si vous ajoutez la rumeur de nocivité qui persiste auprès des consommateurs, ça devient vraiment compliqué." "OCB c'est comme Coca-cola"
Une question demeure. Pourquoi la SPF a-t-elle été si prompte à relayer l'information fournie -sans preuve- par OCB, concurrent direct d'ALEDA ? Pour Stéphane Vay, co-gérant de la SPF et responsable en son sein de la commission fumeurs, la réponse est évidente:
"Nous avons préféré employer le principe de précaution. Je vous rappelle, qu'à l'époque, j'ai transmis (aux huit grossistes français composant la SPF) cette note en employant le conditionnel." "Dans son esprit c'était du conditionnel", rétorque Cédric de Pouzilhac, avocat d'OEM et d'ALEDA, précisant que la note était au présent de l'indicatif et assortie d'une demande de blocage des paiements dans l'attente des résultats officiels annoncés par ALEDA. Pour un commercial de la SPF, souhaitant garder l'anonymat, le principal problème serait avant tout la puissance d'OCB sur le marché:
"La marque bloque l'entrée de nouveaux arrivants en menaçant les distributeurs de jouer sur le non-approvisonnement et la réévaluation des conditions d'achat. OCB, c'est comme Coca-cola, les volumes sont tellement gros qu'on ne peut pas s'en passer." Sébastien Brousse et Pierre Lemercier, les deux jeunes fondateurs de la marque Yeuf, connaissent bien le problème "au présent", insistent-ils. Installés dans l'Essonne, ils lancent leur marque en 2006. Un concept simple: faire du papier long de qualité, moins cher, avec des paquets un peu design, comme leur dernière collection décorée par le graffeur Kayone.
Ils se souviennent parfaitement de leur premier entretien avec Philippe Geoffroy, ex-PDG de la SAF (deuxième plus gros distributeur des buralistes avec la SPF qui appartient désormais à Imperial Tobacco, également propriétaire de Rizla+).
"Il trouvait notre idée géniale. Il nous a proposé deux solutions: soit il rachetait notre marque (solution déclinée) pour en faire une MDD (marque de distributeur) de la SAF, soit il tentait de négocier notre arrivée sur le marché avec OCB..." Depuis maintenant cinq ans, impossible pour eux de se faire référencer chez l'un des deux gros distributeurs. Du coup, à quelques exceptions près, pour trouver des Yeuf, il faut aller chez les épiciers du coin ou dans des stations service.
90 millions de carnets pour la fumette
Stéphane Eletufe, commercial de Noza, entreprise qui distribue et possède la marque de feuille Jass Paper, estime avoir contourné ces difficultés. "Nous, on a pas de soucis avec OCB vu qu'on se distribue nous même dans environ 1000 tabacs. Mais si on voulait passer par la Socopi (l'un des huit grossistes de la SPF) ce ne serait pas possible."
Face aux accusations d'entrave du marché, OCB ne joue pas les étonnés et invoque, à mots couverts, une certaine jalousie:
"Il est compréhensible que la marque qui occupe, depuis si longtemps, une place importante suscite des propos de cette nature, de la part de concurrents dont les produits ne rencontrent peut-être pas le même succès auprès des clients." Un succès particulièrement difficile à quantifier. "C'est carrément l'omertà", assure le député UMP Yanick Paternotte, auteur, en 2008, d'une proposition de loi visant à interdire les feuilles longues. Il a estimé que sur 150 millions de carnets (courts et longs) vendus chaque année, environ 90 millions seraient directement destinés aux fumeurs de cannabis.
D'après le commercial anonyme de la SPF, distribuant des feuilles dans deux départements, les statistiques sont un sujet "tabou".
"Aussi bien dans les cités, les villes ou la campagne, 60 % des feuilles que l'on livre dans les tabacs sont des longues, donc, qu'on le veuille ou non, destinées à la fumette. Et plus de 90 % sont des OCB."
Une situation de quasi monopole à laquelle les buralistes s'adaptent très bien. "Les feuilles sont un produit à marge, avec lequel les buralistes se gavent sur les fumeurs", regrette Mathias Wang, qui vend dans son tabac d'Ivry-sur-Seine plus de 25 marques de feuilles. Acheté entre 30 et 50 centimes aux grossistes, le paquet de slim est ensuite revendu deux à trois fois plus cher aux consommateurs. Le soucis premier des commerçants n'est donc pas l'arrivée dans leurs échopes de concurrents d'OCB. "Alors vous prenez les Rizla+ ou les OCB ?"
Le but de ce blog n'est pas d'inciter à la consommation de cannabis ni de défier la loi mais d'informer les gens qui le souhaitent sur cette plante présente dans notre société depuis des millénaires . Que vous soyez pour ou contre , je vous souhaite à tous une bonne visite .
L'abus de cannabis peut être mauvais pour la santé . Modérez votre consommation .
Attention aux dangers du cannabis de synthèse type Spice ou K2 , il peux provoquer malaise et arrêt cardiaque .
Ce que dit la loi française
La loi française interdit la production, la détention, la vente et l’usage de stupéfiants, avec des sanctions plus ou moins sévères selon l'acte ; à titre d'exemple, le simple usage peut conduire à une peine allant jusqu'à un an d’emprisonnement pouvant s'accompagner ou être substituée par une amende allant jusqu'à 3 750 euros ; le trafic, lui, pouvant conduire à la réclusion criminelle à perpétuité et 7 500 000 euros d'amende. L'auto-production de cannabis est, en France, considérée comme telle dès lors que l'on possède ou que l'on s'occupe régulièrement d'une plante, mâle ou femelle. La sanction maximale encourue est une peine d'emprisonnement pouvant atteindre 3 ans et jusqu'à 50 000 euros d'amende.