Maroc : Le cannabis de Ketama dans le collimateur d'un observatoire ?

Le groupe Pompidou, organisme du Conseil de l’Europe, spécialisé dans la lutte contre la toxicomanie et le narcotrafic, envisage d’ouvrir un observatoire dans le Royaume. Cette initiative va-t-elle sonner le glas de la culture du hachisch au Maroc ?


Lors d’un entretien accordé à la MAP, Florence Mabileau, a annoncé l’ouverture prochaine d’un observatoire pour « recueillir toutes les informations et indicateurs sur la situation en matière de drogue et à les analyser dans la perspective de proposer une politique à mettre en place ».

Le Maroc a adhéré au groupe Pompidou, qui compte actuellement 36 membres, le 1er juillet dernier. La mise en place de cet observatoire, s’inscrit donc dans le cadre de la coopération entre le Royaume, et cet organisme européen, en matière de lutte contre la toxicomanie.

L’objectif à terme, est de créer plusieurs structures similaires dans plusieurs pays du pourtour méditerranéen, pour « évaluer l'ampleur de la consommation des drogues dans la région ». Ces observatoires ont donc pour but de quantifier la consommation de drogue au niveau des Etats membres.

Le Maroc a dans ce sens, été l’un des premiers à réaliser une étude de ce genre au niveau de la région. Menée entre 2008 et 2009, ladite étude portait sur la consommation des drogues et des tabacs chez les adolescents de 15 et 16 ans. « Pour avoir une idée sur les tendances de la consommation des drogues chez les jeunes, le groupe Pompidou préconise de refaire ce genre d'enquête de façon régulière » a relevé Mme Mabileau, comme pour justifier le fait que le Maroc ait été choisi pour abriter la phase pilote de ce projet de suivi de la toxicomanie en milieu méditerranéen.

Quid de la production de cannabis ?

Même si Florence Mabileau ne l’a pas formellement exprimé, l’attention particulière que semble susciter le Maroc tient certainement du statut qu’il occupe dans la production et la distribution de cannabis. Vu que les observatoires ont pour principale mission d’évaluer l’ampleur de la consommation de cannabis, les producteurs et trafiquants de hachisch ne seraient, à priori, pas visés.

Le Maroc semble très disposé à accepter l’aide de ses partenaires pour évaluer l’ampleur de la consommation de cannabis. On ne peut pas en dire autant lorsqu’il s’agit de s’attaquer à sa production. En 2005 et 2010, le Maroc a en effet refusé l’aide des enquêteurs de l’Office des Nations-Unies contre la droguear et le crime (ONUDC). Essaie-t-on donc de traiter les symptomes et non le mal ? Auquel cas, Kitama (rif), devrait rester pendant longtemps encore, la capitale marocaine (mondiale) du hachisch.

Source:Yabilati

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